Sénatoriales en Gironde : Nathalie Delattre candidate, union de la droite et du centre en vue
Sénatoriales Gironde : Delattre candidate, union droite-centre

Au-delà de l’annonce de sa candidature, la sénatrice sortante Nathalie Delattre (Parti radical) devrait réunir sous peu la droite et le centre, Les Républicains compris, sur une seule et même liste pour les élections sénatoriales du 27 septembre. Contrairement au scrutin de 2020, mais dans le sillage de la victoire de Thomas Cazenave à Bordeaux, cette décision n’est pas une surprise.

Une candidature annoncée aux maires

Nathalie Delattre l’a annoncé aux maires de Gironde dans un mail adressé jeudi 21 mai : elle sera candidate à sa réélection aux sénatoriales, et « en qualité de tête de liste ». Deux semaines après l’entrée en scène de la députée RN Edwige Diaz, qui mènera elle aussi une liste, la sénatrice sortante lance bel et bien une campagne qui, à défaut de passionner les foules, mobilisera 3 745 grands électeurs girondins, pour l’essentiel issus des conseils municipaux. Six sièges sont à pourvoir pour le département.

Bilan et ambitions

Sénatrice depuis 2017, Nathalie Delattre fait valoir ses états de service : loi sur la protection des élus victimes d’agression, création d’un médiateur dans les collectivités territoriales, mais aussi, pêle-mêle, et sous diverses formes d’intervention, la gestion des feux de forêt, en écho aux feux girondins de l’été 2022, le maintien des dotations pour l’enseignement agricole, le retour des CRS sur les plages, l’arrachage des vignes, et, à travers la présidence d’une commission d’enquête, la radicalisation islamiste. Elle mentionne également la santé mentale déclarée deux années d’affilée « grande cause nationale », un brevet qui n’appelait « pas que des grands moyens », mais qui la laisse sur sa faim : « Pas du tout » satisfaite des retombées, elle réclame un secrétariat d’État dédié.

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Deux fois ministre déléguée entre mi-2024 et mi-2025 (aux Relations avec le Parlement puis au Tourisme), elle revendique un réseau parisien parmi les « hauts fonctionnaires de l’État » et dit son souci du « plus grand compromis » qui sied davantage au Sénat qu’à l’Assemblée nationale. « Il faut qu’on soit à la hauteur des attentes des élus. Ce n’est pas un ego qu’on satisfait, c’est un service qu’on rend », insiste-t-elle.

Une présence de terrain

Si sa candidature contrariée à l’élection municipale de Bordeaux a pu l’enfermer un temps dans les limites de l’intra-boulevards, Nathalie Delattre veille, dit-elle, à quadriller la Gironde, le plus grand département de France. « En quatre ans, moins une année ministérielle, j’ai 140 000 kilomètres au compteur… », glisse la sénatrice, qui assure avoir visité « quasiment toutes » les 535 communes durant son mandat, à la rencontre de maires souvent en quête de financements extérieurs. « Je vais voir la Dreal, la DDTM… Il y a plein de dossiers en cours. Je suis tenace et ça m’inspire pour améliorer la loi. »

Une union de la droite et du centre

De la municipale bordelaise, dont elle s’est effacée au profit de Thomas Cazenave, Nathalie Delattre dit ne retenir que du « positif » : « Soit je gagne, soit j’apprends », poursuit-elle, en citant Mandela. « Ce qui m’anime, c’est l’intérêt général. » L’abandon de sa propre campagne, pas si simple sur fond de guérilla de sondages, a au moins le mérite de servir son propos d’élection sénatoriale, à l’heure où Nathalie Delattre est en passe de boucler une liste d’union de la droite et du centre.

Secrétaire départemental des Républicains, le maire de Saint-Aubin-de-Médoc Christophe Duprat confirme l’union à l’œuvre : « Unis, on gagne, désunis, on perd. » Écho identique du côté de l’ex-député et président de Renaissance Gironde Pascal Lavergne : « L’élection sénatoriale découle directement de l’élection municipale de Bordeaux où nous sommes allés unis. C’est plus attirant pour les grands électeurs qui ont besoin de sobriété. »

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Les socialistes aussi en ordre de bataille

« On ambitionne d’aller chercher les trois sièges », dit Mathieu Hazouard, premier fédéral du Parti socialiste, qui présentera sa liste « d’ici la fin du mois de juin ». Laurence Harribey ne repartant pas, le sénateur sortant Hervé Gillet, qui était en deuxième position sur la liste de 2020, « a vocation à tirer la liste » 2026, poursuit Mathieu Hazouard. La maire d’Eysines et ex-présidente de Bordeaux Métropole, Christine Bost, « c’est de notoriété connue », sera elle aussi candidate. L’ensemble de la liste sera soumis au vote des militants PS jeudi 28 mai.

En 2020, les centristes qu’elle emmenait dans son sillage, les Républicains et l’ex-République En marche étaient partis en rangs dispersés. Bilan : deux sièges pour la sénatrice et son numéro 2 Alain Cazabonne, un pour Florence Lassarade (LR), zéro pointé pour les macronistes. En face, avaient été élus les socialistes Laurence Harribey et Hervé Gillé ainsi que l’écologiste Monique de Marco, portée en partie par le contingent de grands électeurs issus de la majorité écologiste de Bordeaux, grande pourvoyeuse de grands électeurs.

Quels noms pour la liste d’union ?

Nathalie Delattre communiquera sa liste d’ici « quelques semaines » et n’en dira pas plus. Sollicité, le sortant Alain Cazabonne semble en partie résigné devant la nécessité d’ouvrir la liste : « Je voulais repartir, pas forcément pour tout un mandat, ça m’intéresse de travailler encore dans des domaines comme la défense. Mais il y a d’un côté les souhaits et, de l’autre, la dure réalité. » Mais ne le renvoyez pas à ses 81 ans, le poids des ans auquel il oppose « un compromis entre l’état civil, l’état des artères et l’état d’esprit » : « On devient vieux le jour où on renonce à son idéal. »

Un temps pressenti, Christophe Duprat, désormais premier vice-président de Bordeaux Métropole en charge des transports, balaye lui-même une candidature : « On me l’a proposé. Mais j’ai un peu de travail et je ne suis pas prêt à ne plus être maire de Saint-Aubin. » Les noms de Jacques Breillat, maire Horizons de Castillon-la-Bataille ou de la Bordelaise Géraldine Amouroux, reviennent aussi. « Je n’en dirai pas plus », réagit l’adjointe LR de Thomas Cazenave en charge de la sécurité. Et Pascal Lavergne, lui aussi candidat aux sénatoriales de 2026 ? Prompt à vanter les mérites d’une liste d’union, l’assise territoriale d’éventuels candidats, la nécessité d’un mix ville-campagne ou encore le poids de sa propre circonscription d’ancien député, l’ancien éleveur répond par un chemin détourné : « Je ne vous en ai pas dit assez ? »