Le rituel quotidien de la pochette rouge sur le bureau présidentiel
Tous les soirs, à une heure immuable, un rituel protocolaire se déroule au cœur du pouvoir. Le préfet Pascal Mailhos, qui dirige la Coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme (CNRLT), fait parvenir une pochette de couleur rouge dans le salon doré, directement sur le bureau d'Emmanuel Macron. À l'intérieur de cette enveloppe scellée, un condensé des notes les plus sensibles de la République, produites par les principaux services secrets français. Le président de la République en est un lecteur assidu et régulier, suivant avec attention les développements les plus confidentiels.
Un haut fonctionnaire au sommet de l'information stratégique
L'ancien directeur des renseignements généraux, Pascal Mailhos, est sans aucun doute l'un des hauts fonctionnaires les mieux informés de toute la France. Alors que sa structure célébrera ses dix années d'existence en 2027, il prépare déjà activement son legs institutionnel. Selon nos informations exclusives, le coordonnateur national s'est lancé dans la rédaction d'un rapport complet visant à consolider son héritage professionnel et à dresser un bilan détaillé de son action à la tête de cette entité cruciale.
Cette initiative stratégique vise notamment à mieux anticiper la période de l'après-Macron, préparant ainsi la transition future dans le domaine sensible du renseignement et de la lutte antiterroriste. Lancée initialement sous la présidence de Nicolas Sarkozy, puis élargie et renommée en 2017, la coordination nationale pour le renseignement et la lutte contre le terrorisme est apparue à une époque où la collaboration entre les différents services gagnait manifestement à être améliorée et renforcée.
Une décennie de coopération renforcée entre services secrets
Cette structure est venue mettre de l'huile dans les rouages d'un système longtemps entravé par des querelles de chapelle persistantes. Les services secrets français ont progressivement appris à coopérer plus étroitement et efficacement, évitant ainsi des situations potentiellement dramatiques. Un exemple marquant remonte à juillet 2016 à Saint-Étienne-du-Rouvray, où trois services de renseignement différents avaient pourtant connaissance du projet de l'un des deux tueurs du père Hamel, sans que leurs notes respectives aient pu être prises en compte et croisées à temps pour prévenir l'attaque.
La coordination améliorée a également permis de se passer d'ahurissants imbroglios bureaucratiques. En mars 2016, un épisode révélateur s'est produit lorsque la DGSI a interpellé quatre jeunes filles qui menaçaient sur Facebook d'attaquer le Casino de Paris. Le service de renseignement intérieur a alors avisé la NSA aux États-Unis, laquelle a prévenu à son tour la Belgique de la menace potentielle. Les autorités belges ont ensuite alerté la préfecture de police de Paris, créant une situation absurde où les policiers parisiens s'apprêtaient à démarrer leur enquête sans se douter que le renseignement provenait en réalité de leurs confrères du contre-espionnage français, et que les suspectes avaient déjà été arrêtées depuis un certain temps.
Le manque criant de coordination entre les différents services a également été largement pointé du doigt par les rapports officiels suite aux attentats terroristes de Paris en 2015, soulignant la nécessité impérieuse d'une meilleure collaboration inter-services. La création et le développement de la CNRLT ont précisément répondu à ce besoin urgent de coordination renforcée dans la lutte contre la menace terroriste.



