Grenades assourdissantes : suspension pour les lycéens
Grenades assourdissantes : suspension pour les lycéens

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé ce mercredi sur RTL la suspension immédiate de l'usage des grenades assourdissantes pour le mouvement lycéen. Cette décision fait suite à la très grave blessure d'un adolescent de 15 ans, dont la main a été arrachée par une grenade tirée lors d'un rassemblement à Lens le lundi 5 octobre.

Un drame à l'origine de la décision

Le jeune lycéen, domicilié à Wingles, commune voisine de Lens, a été amputé de la main gauche et a reçu une greffe, selon le maire de Wingles. C'est ce drame qui a conduit les services de l'État à examiner la dangerosité de cet équipement.

« Je suspends leur usage pour le mouvement des lycéens tant que la lumière n'a pas été faite sur ce qui s'est passé dans cette affaire », a expliqué le ministre sur RTL. Il a précisé que cette suspension était valable « uniquement pour le mouvement lycéen, le temps de comprendre ce qui s'est passé ».

Dix-huit enquêtes confiées à l'IGPN

Depuis le début de la mobilisation lycéenne, l'inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de dix-huit enquêtes, a également indiqué le ministre. Dès mardi, le directeur général de la police nationale, Louis Laugier, avait déjà informé ses troupes que l'usage de la grenade assourdissante ASSD était suspendu « à titre conservatoire ».

Produite par la société française Alsetex, cette arme non létale émet une forte détonation d'environ 175 décibels visant à disperser les foules. Les méthodes de maintien de l'ordre lors des blocus et manifestations lycéennes sont ouvertement critiquées depuis cet incident.

Une suspension limitée au mouvement lycéen

La suspension annoncée par le ministre ne concerne que le mouvement lycéen, et non l'ensemble des opérations de maintien de l'ordre. Elle restera en vigueur jusqu'à ce que les enquêtes en cours fassent la lumière sur les circonstances exactes de l'accident de Lens.