Le ministère de l'Intérieur lance des procédures de dissolution contre deux groupuscules d'ultradroite
Le ministère de l'Intérieur a engagé des procédures de dissolution visant deux groupuscules d'ultradroite basés à Montpellier et Albi, selon des informations confirmées ce lundi par une source proche du dossier à l'AFP. Ces démarches administratives, initiées il y a plusieurs mois, précèdent ainsi le décès tragique de Quentin Deranque, un militant d'extrême droite radicale mort lors d'une rixe à Lyon il y a dix jours.
Une réunion cruciale à l'Élysée sur les groupes violents
Ces procédures de dissolution seront néanmoins au cœur des discussions lors d'une réunion convoquée mardi matin à 10 heures à l'Élysée par le président Emmanuel Macron. Cette rencontre, organisée suite au décès du jeune militant, portera spécifiquement sur « les groupes d'action violente » qui sévissent sur le territoire national.
Le chef de l'État avait annoncé samedi la tenue de cette réunion pour « faire un point complet sur les groupes d'action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques quels qu'ils soient ». Emmanuel Macron a fermement insisté sur le fait que « dans la République aucune violence n'est légitime » et qu'« il n'y a pas de place pour les milices d'où qu'elles viennent ».
Une procédure en phase contradictoire
Les deux groupuscules concernés par ces procédures sont le Bloc montpelliérain, basé à Montpellier, et Patria albiges, implanté à Albi. Selon la source proche du dossier, les procédures en sont actuellement au stade du contradictoire, une phase essentielle du processus de dissolution.
Les procédures de dissolution nécessitent en effet une longue phase d'examen minutieux de la part des services du ministère de l'Intérieur. Après cette investigation approfondie, le ministère présente ses conclusions aux groupes incriminés, déclenchant ainsi une phase contradictoire de quinze jours pendant laquelle les organisations mises en cause peuvent présenter leurs arguments et leurs défenses.
Un processus administratif rigoureux
À l'issue de ce délai de quinze jours, le ministère de l'Intérieur décide alors de présenter ou non un décret de dissolution en Conseil des ministres. Cette étape finale marque l'aboutissement d'un processus administratif particulièrement rigoureux, conçu pour garantir le respect des droits de la défense tout en permettant à l'État d'agir contre les organisations jugées dangereuses pour l'ordre public.
La réunion de mardi matin à l'Élysée réunira le chef du gouvernement Sébastien Lecornu ainsi que les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Laurent Nuñez et Gérald Darmanin. Selon l'entourage du président, cette rencontre doit permettre de faire un point précis sur « l'état des risques et des actions menées » contre les groupes violents, sans qu'il soit précisé à ce stade si elle débouchera sur des annonces concrètes supplémentaires.



