Contrôles routiers intensifs sur les trottinettes électriques dans les Alpes-Maritimes
Ce mercredi après-midi, les forces de l'ordre d'Antibes et de Cannes ont déployé un dispositif exceptionnel de contrôles routiers spécifiquement ciblé sur les utilisateurs de trottinettes électriques et autres engins de déplacement personnels motorisés (EDPM). Cette opération conjointe entre police nationale et municipale s'inscrit dans le cadre de l'application stricte du nouvel arrêté préfectoral rendant obligatoire le port du casque homologué et du gilet rétro-réfléchissant.
Une opération pédagogique avant la phase de verbalisation
Pendant une heure à Antibes et une heure trente à Cannes, les policiers ont systématiquement interpellé chaque usager de trottinette traversant les secteurs contrôlés. Huit effectifs de la police nationale et trois de la police municipale ont été mobilisés autour du giratoire de la Siesta à Antibes, tandis qu'une équipe similaire opérait au Vieux-Port de Cannes.
"Le préfet nous a demandé de procéder à des contrôles pédagogiques pour expliquer à la population qu'un arrêté préfectoral avait été pris la semaine dernière", précise le commissaire de police d'Antibes, François Carron, présent sur le terrain. "Jusqu'à samedi, nous réalisons une opération de pédagogie. Néanmoins, nous contrôlons systématiquement la validité de l'assurance. Si défaut il y a, alors nous dressons une contravention immédiatement."
Des chiffres alarmants justifiant des mesures strictes
La nécessité de ces contrôles renforcés s'appuie sur des statistiques préoccupantes :
- 710 interventions des pompiers pour accidents de trottinette en 2025 dans les Alpes-Maritimes
- Une augmentation de 51% par rapport à 2023 (468 interventions)
- Deux décès recensés sur le secteur en 2025
Nadia Hulin, cheffe du bureau de la sécurité routière à la préfecture, insiste sur l'objectif protecteur de ces mesures : "Ce n'est pas une mesure pour sanctionner, mais pour protéger. La trottinette est devenue un véritable moyen de transport du quotidien. Mais les comportements, eux, sont parfois restés ceux d'un usage de loisir."
Les réactions contrastées des usagers contrôlés
Parmi la quinzaine d'engins contrôlés lors de l'opération, seulement deux usagers se sont révélés parfaitement en règle. Les réactions des personnes interpellées illustrent la diversité des perceptions face à ces nouvelles obligations.
Damien, 37 ans, utilisateur régulier équipé d'un casque mais réticent face à l'obligation du gilet : "Je trouve ça un peu chiant. Je fais très attention, je porte déjà un casque parce que je suis conscient que c'est très important. Je le mettrai parce que je préfère éviter les problèmes."
Un jeune homme originaire du Nord de la France a quant à lui écopé d'une amende de 600 euros pour défaut d'assurance, malgré son équipement conforme : "Je ne savais pas qu'il fallait avoir une assurance. Je pensais que c'était comme pour un vélo... Mieux vaut le gilet et le casque que risquer sa vie."
Jean-Claude, déjà contrôlé à Nice la semaine précédente, salue l'initiative : "C'est une très bonne initiative. Je suis un ancien motard, je sais combien la sécurité est importante sur la route."
La verbalisation effective à partir de samedi 11 avril
À compter de ce samedi, la période de pédagogie prendra fin pour laisser place à la verbalisation systématique. Tout utilisateur de trottinette électrique ou d'EDPM non équipé d'un casque homologué correctement attaché et d'un gilet rétro-réfléchissant se verra infliger une amende de 35 euros par infraction.
Les zones de contrôle seront étendues dans les prochains jours à Antibes, notamment à Juan-les-Pins et dans la vieille ville, deux secteurs particulièrement fréquentés par les usagers de trottinettes. "Beaucoup de trottinettes y circulent quotidiennement", confirme le commissaire Carron. "Les zones piétonnes sont aussi des secteurs que nous contrôlerons."
Anthony, lycéen utilisateur quotidien, résume l'état d'esprit de nombreux usagers : "Je préfère être équipé plutôt que de payer." Julien, nouvel arrivant à Cannes, ajoute : "Je n'ai pas envie de finir à l'hôpital avec un traumatisme crânien."
Cette opération de contrôle marque le début d'une campagne de sécurité routière renforcée qui vise à modifier durablement les comportements des usagers de trottinettes électriques, dont le nombre ne cesse d'augmenter sur les routes et trottoirs des Alpes-Maritimes.



