Nouvelle réglementation pour les trottinettes électriques dans les Alpes-Maritimes
À compter de ce jeudi 2 avril, une mesure préfectorale impose le port obligatoire d'un casque homologué et d'un gilet rétro-réfléchissant pour tous les utilisateurs d'engins de déplacement personnels motorisés dans les Alpes-Maritimes. Cette décision intervient dans un contexte d'augmentation significative des accidents impliquant ces véhicules.
Une réponse à l'augmentation des accidents
Les chiffres sont éloquents : en 2025, les sapeurs-pompiers des Alpes-Maritimes ont effectué 710 interventions impliquant des EDPM, contre 468 en 2023, soit une hausse de 51%. Nadia Hulin, cheffe du Bureau de la sécurité routière à la préfecture, explique : « L'objectif est de résoudre le problème de la vulnérabilité. Les victimes d'accidents sont principalement touchées aux avant-bras, aux genoux et au crâne, ce qui peut causer de graves blessures. »
Les réactions des usagers
Sur le terrain, les opinions divergent. Sarah, utilisatrice régulière de trottinette, s'étonne : « Ah, ce sera obligatoire ? Donc là, en plein jour, je devrai porter un gilet ? » Elle ajoute : « Je vais m'équiper sinon j'ai une amende, mais je trouve quand même ça bizarre. Ça fait six ans que j'utilise la trottinette, je n'ai eu aucun accident. »
À l'inverse, Marie, cycliste, approuve la mesure : « C'est très bien parce que même à petite allure, les chutes sont violentes. Un vélo, on le tient bien alors qu'en trottinettes, ils ont tendance à regarder un peu à droite à gauche. »
Période de tolérance et sanctions
La préfecture a prévu une période de tolérance pour permettre la diffusion de l'information, mais les contrevenants s'exposeront ensuite à une contravention de deuxième classe de 35 euros. Nadia Hulin précise : « L'arrêté a été diffusé aux forces de sécurité et aux mairies. Il y aura un temps de pédagogie puis de sanction. »
Une mesure pionnière en France
Les Alpes-Maritimes deviennent ainsi le premier département français à imposer cette double obligation. La préfecture entend mener ce combat « crescendo » pour changer les mentalités, comme l'explique un représentant : « Nous sommes vite passés d'un jouet à un vrai mode de transport. »
Le cadre réglementaire existant
Cette nouvelle obligation s'ajoute à des règles déjà en vigueur :
- Interdiction aux moins de 12 ans
- Interdiction du transport de passagers sans équipement adapté
- Vitesse maximale limitée à 25 km/h
- Circulation interdite sur les trottoirs et voies limitées à plus de 50 km/h
- Équipement obligatoire : feux, catadioptres, freins, avertisseur sonore
La préfecture souhaite d'abord mesurer l'impact de cette première mesure avant d'envisager d'autres actions, dans un domaine où les compétences sont partagées avec les communes et le département.



