Ce jeudi, les lycéens et étudiants sont de nouveau appelés à manifester pour un « acte IV » de leur mouvement, alors que le gouvernement multiplie les signes d'apaisement. Dans une allocution préenregistrée mercredi soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a estimé que « nul ne peut être indifférent aux angoisses » des lycéens, et que les forces de l'ordre « n'ont pas pour instruction » de les affronter.
Un gouvernement qui tente de désamorcer la crise
Mercredi matin sur X, Sébastien Lecornu avait appelé les élèves à s'exprimer au sein de leurs établissements et sur la plateforme mise en ligne lundi soir pour recueillir leurs doléances. Il avait aussi confirmé l'organisation d'heures « banalisées » dans les lycées, donc sans cours, pour permettre aux élèves et au personnel de faire remonter leurs difficultés. Une mesure que le principal syndicat de proviseurs refuse de mettre en œuvre, tant que « le climat n'est pas serein ».
Les organisations étudiantes et lycéennes, qui avaient exhorté dès mardi à la poursuite de la mobilisation, ont réitéré mercredi leurs appels aux rassemblements. « Le matin on bloque nos lycées et nos campus », a affirmé sur son compte X l'Union étudiante, qui a appelé ensuite à des rassemblements devant les préfectures d'Île-de-France entre midi et 14 heures.
Des revendications précises et une rencontre jugée insuffisante
Parmi leurs revendications, les lycéens et étudiants demandent 250 000 places en plus à l'université et la suppression de la sélection par Parcoursup. Pour le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste, demander la suppression de cette plateforme « est d'une immense démagogie ». Une position qui a laissé sur leur faim les représentants d'organisations de lycéens et d'étudiants conviés à une rencontre avec le ministre.
« Et on se rejoint à 15 heures place de la Bastille ! », a lancé Sabrine Kharbach, porte-parole du syndicat étudiant, peu après cette entrevue. Regrettant de n'avoir « même pas eu des miettes d'une moindre annonce », la présidente de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), Suzanne Nijdam, a promis mercredi une poursuite de la mobilisation avec « des rassemblements prévus dès » ce jeudi et « des manifestations de plus grande ampleur la semaine prochaine ».
Un test pour l'exécutif
Ce jeudi, le Premier ministre va donc savoir si son allocution de mercredi soir a permis d'apaiser la colère des lycéens, alors que les blocages se poursuivent dans de nombreux établissements. La réponse des organisations étudiantes et lycéennes, qui promettent déjà de nouvelles actions, sera déterminante pour la suite du mouvement.