Le Premier ministre Sébastien Lecornu a adressé dimanche une « feuille de route » à plusieurs de ses ministres, dont celui de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pour répondre à la mobilisation lycéenne. Il y demande que les cours reprennent « partout » où les conditions de sécurité le permettent, dès lundi 5 octobre.
Un principe de reprise conditionné à la sécurité
« À partir de ce lundi 5 octobre, le principe est que les cours devront reprendre partout où la sécurité et l’état des locaux le permettent, en tenant compte, au cas par cas, de la situation locale », a écrit le chef du gouvernement dans cette lettre. Il a également insisté : « la fermeté face aux violences (...) doit aller de pair avec l’écoute des inquiétudes légitimes ».
Le mouvement lycéen, marqué par des blocages et des manifestations, a conduit à la suspension des cours dans « 400 à 500 établissements » en France avant « l’acte III », selon les informations disponibles. Face à cette situation, Sébastien Lecornu a confié à ses ministres cinq chantiers, issus des sujets remontés par les conseils académiques de la vie lycéenne, avec « de premières décisions attendues avant la fin du mois ».
Cinq chantiers pour répondre aux revendications
Les lycéens mobilisés réclament davantage de moyens humains et financiers pour l’Éducation nationale. Ils dénoncent notamment la pression de Parcoursup, les professeurs non remplacés, les bâtiments délabrés ou encore des emplois du temps trop chargés. Parmi les chantiers lancés, le Premier ministre demande la mise en place, dans chaque académie dès cette semaine, d’un « traitement prioritaire du remplacement des absences longues et des postes non pourvus », avec un premier bilan attendu le 16 octobre.
Il convoque également une réunion mardi avec les présidents de région et plusieurs ministres sur la rénovation des établissements scolaires, afin « d’identifier les urgences » et « d’établir un calendrier ». « Ni l’État ni les régions ne doivent se renvoyer la responsabilité des difficultés », a-t-il insisté.
Des réponses sur la santé, Parcoursup et la parole lycéenne
À la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, il demande « d’organiser des réponses de proximité là où l’accès à une infirmière, à un psychologue ou à un accompagnement social est le plus difficile ». Au sujet de Parcoursup, il réclame à ses ministres de premières propositions d’amélioration d’ici à la fin octobre.
Enfin, il leur exige « de donner des suites visibles à la parole des lycéens », demandant que les conseils de la vie lycéenne soient réunis et consultés en temps utile. « Avant fin octobre, vous me présenterez les premières décisions, leur coût, leur financement et leur calendrier », a-t-il ajouté.
Le budget 2027 en soutien, mais des insuffisances reconnues
Au sujet des moyens, le Premier ministre souligne que le projet de budget 2027, présenté jeudi par son gouvernement, prévoit encore 1,2 milliard d’euros supplémentaires pour l’Éducation nationale. « Mais nous devons aussi corriger avec humilité ce qui reste insuffisant », a-t-il estimé sur X, sans donner de chiffres, renvoyant cette question « au débat parlementaire ».
Cette feuille de route fixe un calendrier précis : premier bilan sur les remplacements le 16 octobre, réunion sur la rénovation mardi, propositions sur Parcoursup fin octobre, et décisions chiffrées avant la fin du mois. Le gouvernement entend ainsi conjuguer fermeté et écoute face à un mouvement lycéen qui a perturbé la rentrée scolaire dans de nombreux territoires.