Alors que la France est confrontée à une accumulation de crises – dette publique, déficit chronique, défiance des marchés, chômage, inflation, tensions internationales, dérèglement climatique, défi existentiel de l'IA et montée de la violence – les candidats à la présidentielle semblent avoir trouvé une réponse commune : la multiplication des référendums sur les sujets les plus essentiels.
Une réponse jugée dérisoire face à l'ampleur des défis
Cette proposition, qui pourrait prêter à sourire si elle n'était pas dramatique, révèle selon les observateurs une certaine impuissance à appréhender la gravité de la situation. Les candidats rivalisent d'emphase pour installer la même urgence en haut de leur liste de priorités, sans pour autant proposer de solutions concrètes aux problèmes structurels qui minent le pays.
La France, qui n'a pas les moyens d'assurer sa défense ni la résolution nécessaire, voit sa situation se dégrader sur tous les fronts. Les marchés ne lui font plus confiance, le chômage remonte, les prix augmentent, et la situation internationale se déglingue. Dans ce contexte, la promesse de référendums à tous les étages apparaît comme une réponse bien insuffisante.
Une campagne qui évite les vrais sujets
Cette focalisation sur les référendums permet aux candidats d'éviter de s'engager sur des mesures précises et potentiellement impopulaires. En proposant de soumettre les questions essentielles au vote populaire, ils se déchargent de la responsabilité de trancher des arbitrages difficiles, tout en donnant l'illusion d'une démocratie participative renforcée.
Les sujets les plus essentiels – climat, IA, défense, économie – sont pourtant ceux qui nécessitent une vision claire et des décisions courageuses, pas des consultations sans fin. La multiplication des référendums risque de noyer le débat public et de retarder les décisions urgentes que la situation exige.
Un débat public en trompe-l'œil
Alors que la violence monte et que le climat cafouille, les candidats préfèrent se concentrer sur des promesses de procédures plutôt que sur des propositions de fond. Cette stratégie, qui consiste à promettre des référendums sur tous les sujets, pourrait séduire un électorat en quête de participation, mais elle laisse entier le problème de fond : comment sortir la France de l'ornière ?
La campagne présidentielle s'installe ainsi dans une forme de fuite en avant, où l'emphase rhétorique remplace l'analyse sérieuse des défis. Les candidats, en rivalisant de propositions de référendums, évitent de dire comment ils comptent réellement réduire la dette, restaurer la confiance des marchés, ou faire face aux défis du climat et de l'IA.
Cette approche, si elle devait se concrétiser, transformerait la présidentielle en un vaste catalogue de consultations populaires, sans que les véritables choix de société ne soient jamais clairement posés. La France, déjà affaiblie par ses déficits et son endettement, aurait alors toutes les peines du monde à affronter les crises qui s'annoncent.