Ce dimanche 4 octobre, le député RN de la 2e circonscription des Alpes-Maritimes, Lionel Tivoli, a fait sa rentrée parlementaire à Peymeinade, dans la pinède Daudet, devant 260 militants acquis à sa cause. Dans un discours sans nuance, il a attaqué Les Républicains, le gouvernement et surtout La France Insoumise, tout en passant sous silence l'affaire Bardella. Le tout dans une ambiance de banquet avec paella et petits drapeaux tricolores, jusque dans les verres en carton bleu-blanc-rouge.
Une mise en scène patriotique et locale
La commune de Peymeinade, dirigée par la maire RN Brigitte Vidal depuis les dernières municipales, affiche fièrement son identité. Un nouveau panneau à l'entrée de la ville la présente comme « Ville patriote, partenaire de la défense nationale ». Brigitte Vidal, tout sourire, a accueilli le banquet de son député et colistier dans cet espace qui porte le nom d'Alphonse Daudet, auteur des Lettres de mon moulin, connu aussi pour ses convictions anti-dreyfusardes. Elle a annoncé son intention de planter des arbres sur toute la commune.
Parmi les convives, Franck Galbert, conseiller municipal du Cannet, et Lucas Mussio, conseiller municipal de Cannes, faisaient office de placiers. Les participants portaient des chemises plutôt que le « costard en kevlar » préconisé par Marine Le Pen. L'ancien maire de Grasse, Jean-Pierre Leleux, alors au Mouvement pour la France, avait mis Brigitte Vidal le pied à l'étrier politique.
L'affaire Bardella passée sous silence
Interrogés sur les accusations de Mediapart concernant des propos antisémites attribués à Jordan Bardella, les militants ont affiché leur soutien. Un cadre militant de confession juive a confié : « Tout ça paraît un peu grossier. Si ces propos s'avèrent véritables, je ne les pardonne pas mais, pour moi, le principal danger réside dans la France Insoumise. » Donald et Marylou, un couple de retraités de 78 ans mariés depuis 60 ans, se sont montrés plus catégoriques : « Pour moi, tout ça, c'est de la connerie, et ça va continuer comme ça jusqu'à la fin de la campagne présidentielle », a lancé Donald, tandis que Marylou a ajouté : « Aller rechercher si loin, quand il avait 17 ans, c'est choquant ! » Le couple, qui revendique son vote lepéniste depuis l'ère Jean-Marie, a conclu : « Et tout cela ne change rien à nos convictions. Ce n'est pas parce que les journalistes lancent un pavé dans la mare qu'on va les écouter ! »
Sur l'estrade, tapissée d'un grand drapeau national avec le visage de Lionel Tivoli en toile de fond, l'affaire Bardella n'a pas été évoquée. Le député s'est contenté d'intimer aux spectateurs : « N'écoutez plus Mediapart et Libération. La France populaire est éternelle. »
Un discours populiste et clivant
Lionel Tivoli a surfé sur les problèmes des gens ordinaires – « le maire asphyxié, l'infirmière épuisée, le commerçant matraqué » – pour se poser en recours : « Vos colères, je les ramasse et je les porte comme une arme à Paris ! » Il a aussi joué la fibre locale, affirmant : « Je ne suis pas devenu un bobo parisien, les dîners m'ennuient souvent et l'air de nos montagnes me manque. » Le député, référent de 72 communes du Pays grassois et vençois, a renvoyé dos à dos LR et LFI.
Il a attaqué Les Républicains : « La politique du clignotant : à droite quand ils sont en campagne, à gauche après. On l'a vu avec Sarkozy qui nous a promis le Karcher avant de nous amener Kouchner ! » Édouard Philippe, qualifié de « flemmard », a été copieusement hué, tandis que les « écolos radicaux mangeurs de graines en trottinette » ont été égratignés. France Télévision a également été promise à la privatisation.
L'ennemi principal reste La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, « dont les avocats commis d'office de la racaille aiment hurler au scandale ». Sur l'insécurité, le député a dénoncé : « Les juges relâchent les voyous avec un petit mot d'excuse ; à Grasse, les détenus ont droit à un atelier de fabrication de burger et à un spectacle comique mais la prison n'est pas Top chef ni le Club Med ! » Sur l'immigration, il a exigé : « L'État français est devenu le hall d'entrée de l'Europe, il faut supprimer l'aide médicale d'État et mettre les OQTF dans l'avion sans billet retour. »
Des propositions de loi sans mesure locale
À défaut de mesures aux intérêts strictement locaux, Lionel Tivoli a cité ses propositions de loi pour « expulser les délinquants condamnés des logements sociaux » et « faire payer les dégâts des émeutes par les casseurs eux-mêmes ». Il a conclu en appelant à « cette année de combat où le bon sens populaire va enfin pouvoir bousculer le système ». Parmi les personnalités présentes figuraient Gabriel Tomatis, député RN de la 4e circonscription, Virginie Escalier, maire RN de Toudon, et Andréa Orabona, maire RN de Conségudes et suppléant du député.