Les sorties de Mélenchon fragilisent les alliances de gauche aux municipales
Mélenchon fragilise les alliances de gauche aux municipales

Les polémiques de Mélenchon hypothèquent les alliances municipales de la gauche

Les récentes controverses impliquant Jean-Luc Mélenchon compliquent sérieusement les potentielles alliances de second tour avec le reste de la gauche pour les élections municipales. Les nouveaux écarts du leader insoumis sur Jeffrey Epstein ou Raphaël Glucksmann, qui ont renforcé les accusations d’antisémitisme à son encontre, hypothèquent un peu plus les possibilités de rapprochement avec les socialistes et les écologistes. Ces derniers prennent chaque jour davantage leurs distances face à des propos jugés inacceptables.

Une gauche divisée face aux enjeux locaux

Partie en solitaire dans une majorité de villes aux municipales, La France insoumise n’est quasiment jamais en situation de gagner seule, mais peut, dans de nombreux cas, empêcher ses partenaires de gauche de conserver leur bastion ou de faire basculer des villes stratégiques. C’est notamment le cas à Paris, Marseille, Lyon, mais aussi Toulouse, Limoges, Avignon, Amiens et dans plusieurs autres communes importantes. Cette situation contraint socialistes et écologistes à ménager jusqu’à présent leur ex-allié au sein du Nouveau Front populaire, même si le PS avait dès le début refusé tout accord national avec la formation de gauche radicale.

La situation s’était déjà tendue après l’homicide du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, à Lyon, dans lequel plusieurs proches du député insoumis Raphaël Arnault sont mis en cause. Le Parti socialiste avait alors évoqué de « rares » rapprochements avec LFI au second tour, à condition que les Insoumis s’engagent à rompre avec « la violence politique ». Une position loin de satisfaire en interne, où plusieurs ténors, dont l’ex-président François Hollande, avaient réclamé une rupture totale avec LFI. Et leurs candidats dans les deux plus grandes villes, Paris et Marseille, ont exclu toute alliance formelle.

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Les réactions des partenaires de gauche face aux dérapages

Mais alors que LFI avait semblé tendre la main à ses partenaires, en proposant des « fusions techniques » pour empêcher la droite ou l’extrême droite de l’emporter, les dernières sorties polémiques de Jean-Luc Mélenchon ont placé ses partenaires dans une position encore plus inconfortable. Le leader insoumis s’est dit lundi « désolé » d’avoir « par erreur » déformé le nom du leader de Place publique, qui en retour, l’a comparé à l’ancien leader d’extrême droite Jean-Marie Le Pen.

Avant ces excuses, le patron du PS Olivier Faure a déploré chez Jean-Luc Mélenchon « une stratégie qui dérive sur les eaux brunes de l’antisémitisme ». Et l’influente présidente de la région Occitanie Carole Delga, opposante notoire à Jean-Luc Mélenchon, a fait savoir que toute alliance locale avec LFI au soir du premier tour, serait « un déshonneur » et « un reniement » des valeurs de la gauche.

Les conséquences sur le terrain électoral

Sur le terrain, le socialiste à la tête de la liste d’union de la gauche à Toulouse, François Briançon, qui ne peut envisager une victoire contre le maire divers droite sortant Jean-Luc Moudenc qu’en cas de fusion avec la liste du député LFI François Piquemal, a appelé ce dernier à une « clarification ». Faute de quoi un accord de second tour serait impossible, a-t-il averti. François Briançon avait, comme d’autres candidats à gauche, été pressé par ses adversaires de droite notamment, de clarifier sa position vis-à-vis de LFI.

À Nantes, la maire PS sortante Johanna Rolland a elle aussi été sommée par son adversaire de la droite et du centre Foulques Chombart de Lauwe de s’exprimer sur un potentiel accord avec LFI au second tour. Même les Écologistes, qui ont noué des accords de premier tour avec LFI et se montraient jusqu’alors très prudents dans leurs critiques vis-à-vis de la formation de gauche radicale, ont haussé le ton.

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Les conditions posées par les Verts et les espoirs de la gauche

Jugeant les propos de Jean-Luc Mélenchon « inacceptables », la secrétaire nationale des Verts Marine Tondelier a prévenu dimanche que des « conditions » seraient posées avant d’envisager tout accord de second tour avec les insoumis, les invitant à des « paroles fortes » sur « la violence en politique » ou les « dérapages antisémites ». Mais autant que le PS, les maires écologistes ont besoin des voix insoumises au second tour pour espérer l’emporter dans certaines villes clés.

Et notamment à Lyon, où l’édile sortant Grégory Doucet, en très mauvaise posture dans les sondages face à Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite et le centre-droit, a ouvert la porte à une alliance avec LFI. Au PS comme chez les Verts, tous espèrent presque ouvertement que les listes insoumises ne dépassent pas la barre des 10 % des votants au premier tour, ce qui les empêcherait de se maintenir et simplifierait les stratégies d’alliance pour le second tour.