Hélène Halbin, candidate de Lutte ouvrière à Libourne, incarne une voix radicale pour les travailleurs
À Libourne, une candidate assume pleinement sa différence dans le paysage électoral local. Hélène Halbin, professeure des écoles installée dans la ville depuis 2019, se présente sous les couleurs de Lutte ouvrière aux élections municipales des 15 et 22 mars. Pour la deuxième fois, elle engage un combat politique qu'elle décrit comme étant à contre-courant, soulignant avec un sourire en coin qu'elle est « la seule fille » dans cette configuration. Sa liste, désormais déposée et élargie à 37 noms, rassemble des profils ancrés dans le monde du travail : aides-soignantes, infirmiers, manutentionnaires, enseignants. « Les professions, ça compte », insiste-t-elle, martelant ainsi l'ancrage social de sa démarche.
Une campagne qui dépasse le cadre municipal pour critiquer le système
Le discours d'Hélène Halbin déborde largement les enjeux traditionnels des municipales. En tant que professeure des écoles depuis 1987, elle témoigne du quotidien précaire de l'éducation publique : suppression de classes, manque de moyens pour les élèves à besoins particuliers, inclusion sans accompagnement adéquat. « Il faut accueillir tout le monde, mais il n'y a pas de moyens donnés derrière », déplore-t-elle, voyant dans cette crise des services publics un symptôme d'un système à bout de souffle. Elle relie habilement les problématiques locales – logement, transports, salaires stagnants, conditions de travail dégradées – à une critique globale du capitalisme. « On paye un logement, on paye le transport pour aller travailler et donc se faire exploiter, c'est aux patrons de payer tout ça », affirme-t-elle, rejetant les accusations de déconnexion du débat municipal.
Un programme axé sur la défense des travailleurs et la mobilisation sociale
Contrairement aux promesses habituelles de ronds-points fleuris ou de mesures techniques, Hélène Halbin propose des revendications audacieuses : indexation des salaires sur les prix, partage du travail sans perte de salaire, contrôle des salariés sur les entreprises. Elle défend l'idée d'élus révocables et se présente moins comme une future gestionnaire que comme un relais des luttes sociales. « Lutte ouvrière, c'est un vote militant », assume-t-elle, avec pour objectif d'envoyer au conseil municipal des représentants « qui vivent les difficultés du monde du travail ». Sa candidature vise à faire entendre cette réalité dans l'hémicycle municipal, bousculant ainsi les codes d'une campagne souvent centrée sur la proximité.
Alertes sur l'extrême droite et engagement féministe et internationaliste
La candidate alerte également sur la montée de l'extrême droite et la militarisation de la société, critiquant un État qui, selon elle, trouve des milliards pour l'armement mais rogne sur l'école ou l'hôpital. Elle revendique un engagement féministe et internationaliste, refusant « tout ce qui divise les travailleurs », du racisme aux inégalités femmes-hommes. À Libourne, le comité Lutte ouvrière se réunit tous les quinze jours, et une réunion publique est annoncée le 11 mars à 18 heures à la Bourse du travail. Sans illusion sur ses scores passés, Hélène Halbin s'inscrit dans la durée, rappelant que « les travailleurs font tout fonctionner ». Sa campagne, offensive et militante, entend porter les colères sociales jusque dans les institutions locales, quitte à secouer l'establishment politique.



