Guerre à gauche : Glucksmann et Hollande rejettent toute alliance avec LFI
Guerre à gauche : Glucksmann et Hollande contre LFI

La gauche déchirée à l'approche des élections

Ce week-end marquait l'avant-dernière ligne droite avant les élections municipales, mais aussi un premier tour de chauffe en vue de la présidentielle. Dans un contexte de tensions croissantes, les divisions au sein de la gauche française se sont exacerbées, avec des prises de position fermes et des accusations violentes.

Glucksmann à Perpignan : pas d'alliance avec LFI

Raphaël Glucksmann, eurodéputé de Place publique, a tenu meeting à Perpignan, une ville administrée par le Rassemblement national de Louis Aliot. Cette ville avait accueilli une semaine auparavant Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon dans un duel à distance. Glucksmann, crédité dans les sondages d'un score comparable à celui du chef Insoumis, est venu officiellement soutenir sa candidate locale.

Mais son discours a surtout servi à exposer son positionnement dans la guerre qui fait rage à gauche, depuis les récents débordements de Jean-Luc Mélenchon. Il a clairement exclu toute alliance avec La France Insoumise, affirmant : « On ne lutte pas contre l'extrême droite avec celles et ceux qui jouent avec les noms de famille à consonance juive ou étrangère. On ne lutte pas contre l'extrême droite avec ceux qui trahissent les principes républicains. »

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Hollande renforce la position anti-LFI

Même fermeté verbale de la part de François Hollande, qui a comparé dimanche sur RTL d'éventuelles alliances avec LFI à une « compromission ». L'ancien président a déclaré : « L'électorat est intelligent, et au second tour, si on faisait cette compromission, une partie de nos électeurs ne nous suivrait pas. Donc ce qu'on imaginerait gagner d'un côté, on le perdrait de l'autre, et on le perdrait durablement. »

Hollande a également évoqué la présidentielle en avançant une équation politique : « Porter Mélenchon au second tour, c'est assurer la victoire du Rassemblement national. Qui peut croire que face au Rassemblement national, Jean-Luc Mélenchon peut gagner ? » Il a poursuivi en questionnant la logique de placer un candidat dont on serait sûr qu'il serait écrasé par la menace qu'il prétend combattre.

La réponse violente de Mélenchon

La réponse de Jean-Luc Mélenchon ne s'est pas fait attendre. Sur le réseau X, il a écrit en lettres majuscules : « HOLLANDE DANGER PUBLIC ». Samedi, à Marseille pour soutenir son candidat Sébastien Delogu, le leader Insoumis a consacré une grande partie de son énergie à revendiquer le monopole de l'antifascisme.

Il a pilonné la ligne défendue par les socialistes qu'il accuse de « mettre tout le monde en grand danger, la gauche, mais la France d'abord, qu'elle livrerait pour finir à l'extrême droite ». Mélenchon a même comparé le Parti socialiste aux sociaux-démocrates allemands qui, en 1932, ont refusé le front unique proposé par les communistes pour empêcher l'arrivée des nazis au pouvoir.

Un nouveau langage politique

Ces propos ne sont pas isolés mais représentent de nouveaux éléments de langage au sein de LFI. Manuel Bompard a affirmé : « Nous sommes à un moment de bascule fasciste. L'antifascisme est une ligne de clivage très large dans notre société. De nombreuses personnes ont décidé de nous rejoindre ces dernières semaines car nous le défendons face à l'extrême droite. »

La gauche se trouve ainsi indexée sur l'extrême droite, qui devient son principal sujet de débat. Pour LFI, cette focalisation est une stratégie politique qui lui permet de se positionner comme le seul rempart contre le fascisme, après les dérives radicales que connaît le mouvement.

Les limites de la stratégie socialiste

Mais les sociaux-démocrates n'ont pas les moyens de se contenter de cette posture. Dire qu'il faut voter pour eux afin d'empêcher LFI de faire la courte échelle au RN ne remplacera pas un programme concret, des propositions précises, et surtout un travail sérieux à réaliser sans attendre. La gauche française se trouve à un carrefour décisif où les alliances se font et se défont, mais où l'absence de projet commun risque de laisser le champ libre à ses adversaires politiques.

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