Carole Delga s'oppose fermement à toute alliance avec La France insoumise
La présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, a prononcé un discours lors de la 5e édition des « Rencontres de la Gauche » à Bram, dans le sud-ouest de la France, le 27 septembre 2025. Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, elle a estimé que toute alliance avec La France insoumise (LFI) aux élections municipales des 15 et 22 mars reviendrait à un « déshonneur » et à un « reniement » des valeurs fondamentales du Parti socialiste.
Une rupture claire et définitive exigée
« Je demande, une fois de plus, à la direction du Parti socialiste une rupture claire et définitive avec La France insoumise. Sinon c'est le reniement même de notre histoire, de Jaurès, de Blum, de Mitterrand, de nos engagements », a affirmé Mme Delga avec une fermeté inhabituelle. Cette opposante de longue date à tout accord avec le parti de Jean-Luc Mélenchon a précisé sa position : « si au soir du premier tour des municipales il y a une union avec La France insoumise, dans quelque ville que ce soit, je rappellerai aux socialistes le reniement que cela signifie ».
La présidente régionale a développé son argumentaire en expliquant les divergences fondamentales entre les deux formations politiques : « Nous ne partageons pas la vision de LFI sur le vivre-ensemble, sur la République, sur la laïcité… Je suis une femme de gauche qui pense qu'il faut réparer les injustices en rassemblant, pas en déclamant ou en antagonisant davantage la société ».
Contexte politique tendu
Cette prise de position intervient dans un contexte politique particulièrement tendu pour La France insoumise. Les « insoumis » en général, et Jean-Luc Mélenchon en particulier, se trouvent sous les projecteurs depuis deux semaines après la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque. Plusieurs membres du mouvement antifasciste Jeune Garde, proche de LFI, sont mis en examen dans cette affaire.
Parallèlement, M. Mélenchon essuie un nouveau procès en antisémitisme après avoir ironisé sur la prononciation du nom du criminel sexuel américain Jeffrey Epstein. Dans ce climat, les partenaires politiques de LFI affichent leurs distances, même si le Parti socialiste n'exclut pas formellement des alliances « au cas par cas » dans certaines villes.
Le cas spécifique de Toulouse
La question des alliances se pose avec une acuité particulière à Toulouse, siège de la région d'Occitanie présidée par Mme Delga. Dans cette ville, le candidat socialiste François Briançon pourrait potentiellement faire basculer la municipalité, à condition de rallier au second tour les voix du candidat « insoumis » François Piquemal.
Un scénario que Mme Delga écarte catégoriquement : « J'ai trop de respect pour les Français, les électeurs et les militants. Je ne gagnerai jamais au prix du déshonneur. Ce sera sans moi », a-t-elle promis avec une détermination sans faille.
Une position nuancée face au risque RN
Pour autant, la présidente socialiste ne balaie pas complètement l'hypothèse de désistements, y compris en faveur de LFI, dans des situations où des municipalités pourraient être emportées par le Rassemblement national (RN). Elle précise sa position : « S'il existe un risque de victoire du RN, alors il faudra se retirer, mais sans fusion. Je ne cesserai jamais de lutter contre l'extrême droite, mais je n'accepterai pas non plus que mon parti puisse s'unir avec La France insoumise ».
Cette déclaration révèle une position nuancée où la lutte contre l'extrême droite prime, mais sans pour autant justifier une alliance politique avec La France insoumise. Mme Delga maintient ainsi une ligne claire de distinction entre le nécessaire front républicain contre le RN et ce qu'elle considère comme des compromissions idéologiques inacceptables avec LFI.



