Le RN achève sa campagne en Gironde avec des candidats sous le feu des critiques
Ce jeudi 12 mars, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a effectué sa dernière étape de tour de France en Gironde, marquant la fin d'une campagne intense pour soutenir les candidats du parti aux élections municipales. Cette visite n'a pas été choisie au hasard, car la fédération de Gironde est présentée comme un modèle d'implantation et d'enracinement pour le RN.
Une présence renforcée malgré les profils sulfureux
Dans un château de Saint-Léon, les candidats se sont rassemblés pour écouter Jordan Bardella, qui a salué les 55 listes présentées dans le département, un record par rapport aux 25 de 2020. Cependant, cette expansion s'accompagne de la présence de profils controversés parmi les colistiers, incluant un individu condamné pour détention d'armes à Saint-André-de-Cubzac, des dirigeants d'une société critiquée pour malfaçons au Teich, et des candidats aux écrits islamophobes sur les réseaux sociaux à Andernos.
Face à ces polémiques, Jordan Bardella a défendu ses troupes en affirmant que les candidats du RN sont des femmes et des hommes irréprochables, engagés avec leur expérience et leur conviction. Il a exprimé sa lassitude face à ce qu'il qualifie de "lasérisation" de la vie des candidats, assurant que ceux qui ne partagent pas la ligne du parti ne siégeront pas dans les groupes municipaux.
Objectifs stratégiques : pénétrer les conseils et préparer 2027
Au-delà de la simple conquête de villes, le RN vise à installer massivement des élus dans les conseils municipaux, les décrivant comme des avocats du peuple et de l'identité française. Cette stratégie locale sert de marchepied pour la présidentielle de 2027, avec l'espoir de transformer l'implantation territoriale en succès national.
En Gironde, où le parti d'extrême droite ne compte actuellement qu'une quinzaine de conseillers municipaux, la députée Edwige Diaz espère voir un groupe se former à Bordeaux métropole et des intercommunalités rurales basculer. Elle souligne la présence de 17 listes avec des foyers de force dans sa circonscription, ainsi que des maires amis collaborant déjà avec le RN.
Reste à savoir si l'étiquette RN, souvent associée à des enjeux nationaux, pourra s'avérer aussi porteuse dans le cadre d'une élection locale, où les préoccupations des électeurs peuvent différer.



