Un meeting rouge dans le Triangle d'or bordelais
Ce samedi 7 mars, le théâtre Trianon à Bordeaux a vibré aux couleurs de la lutte des classes. Plus de 200 militants et sympathisants se sont rassemblés pour écouter Nathalie Arthaud, la porte-parole nationale de Lutte Ouvrière (LO). L'événement, marqué par la présence de drapeaux rouges, visait à soutenir les six listes girondines du « camp des travailleurs » pour les élections municipales.
Une candidate présidentielle en campagne locale
Nathalie Arthaud, enseignante résidant à Pantin (Seine-Saint-Denis) et trois fois candidate à l'élection présidentielle – avec l'ambition de l'être à nouveau en 2027 –, a apporté son soutien aux têtes de liste du parti trotskiste, communiste et révolutionnaire en Gironde. Il s'agit de Fanny Quandalle (Bordeaux), Hélène Halbin (Libourne), Guillaume Perchet (Mérignac), Patrick Pret (Lormont), Jean-Philippe Delcamp (Langon) et Jacques Guldner (Bègles).
Dans son discours, Arthaud a fermement dénoncé ce qu'elle appelle le « capitalisme de guerre », s'appuyant sur l'actualité pour critiquer le retour de la guerre, du racisme et du nationalisme. Elle a affirmé que le camp des travailleurs doit prioritairement s'attaquer à la société capitaliste et à la dictature de la grande bourgeoisie, sans quoi la société ira « de crise en guerre et de guerre en crise ».
Des thèmes locaux au service de la révolte
Bien que l'abolition du capitalisme ne relève pas des compétences municipales, les candidats de LO entendent « lever le drapeau de la révolte » à travers les urnes. Les problématiques locales sont ainsi abordées sous ce prisme radical. Par exemple, Fanny Quandalle, dont la liste est issue pour moitié du quartier populaire du Grand-Parc à Bordeaux, a comparé la dette du CHU de Bordeaux (30 millions d'euros) au coût d'un avion Rafale (100 millions d'euros).
Guillaume Perchet a quant à lui qualifié de « dérisoires » les batailles entre politiciens de droite et de gauche. Ce positionnement distingue clairement Lutte Ouvrière de mouvements considérés comme réformistes, tels que La France insoumise.
Un pluralisme révolutionnaire assumé
Interrogée sur la présence d'autres partis trotskistes présentant des candidats à Bordeaux, dont celui de Philippe Poutou, Nathalie Arthaud a adopté une posture conciliante. « On est ravis qu'il y ait plusieurs listes révolutionnaires, chacun avec sa couleur », a-t-elle déclaré, esquissant ainsi une forme de pluralisme au sein de la mouvance révolutionnaire.
Elle a également rappelé une conviction fondamentale de LO : « Le renversement du capitalisme ne sortira pas des urnes. » Selon elle, la véritable transformation sociale passe par la prise de conscience des travailleurs. Un réalisme électoral qui s'explique par les résultats passés : en 2020, LO avait obtenu moins de 1% des voix à Bordeaux et Mérignac. Seul le candidat de Langon, Jean-Philippe Delcamp, avait été élu avec 10,6% des suffrages.
Ce meeting bordelais a donc servi de tribune pour réaffirmer l'ancrage local et les principes intransigeants de Lutte Ouvrière, dans une période électorale où le parti cherche à porter haut l'étendard de la lutte anticapitaliste, malgré des scores électoraux souvent modestes.



