À l'occasion du septième conseil municipal, qui se tient ce vendredi 25 septembre, les groupes d'opposition de Hyères ont été sollicités par Var-matin pour livrer leur regard sur les six premiers mois du mandat de Véronique Bernardini, élue en mars dernier. L'ensemble des formations d'opposition, de Sébastien Fratellia-Guiol à François Cornileau, en passant par David Girard et Nicolas Massuco, dresse un constat sévère, marqué par une communication jugée excessive et un manque d'actions concrètes.
Une continuité assumée pour les projets, mais des critiques sur la méthode
Sébastien Fratellia-Guiol, au nom du groupe « Hyères pour vous » (avec Sophie Mana), estime qu'« il est encore trop tôt pour dresser un bilan définitif ». Fort de son expérience d'ancien adjoint, il rappelle qu'« il existe un temps administratif, qui n'est ni celui du politique, ni nécessairement celui que nous souhaiterions pour la mise en œuvre de projets ou la conduite de réorganisations nécessaires ». Il souligne que la nouvelle municipalité a choisi « d'assurer une forme de continuité avant de mettre en œuvre son programme », citant l'exemple de l'Espace 3000, pour lequel son groupe a « voté spontanément la possibilité d'emprunter si cela s'avérait nécessaire ». Il se dit « en phase avec le report de crédit d'Olbia sur l'Espace 3000 afin de ne pas venir alourdir les finances de la commune ».
Pour lui, « une élection marque une nouvelle étape, mais elle ne doit pas effacer ce qui fonctionne ni empêcher de travailler ensemble lorsque cela est utile aux habitants ». Il conclut que « notre expérience de la gestion municipale nous a aussi enseigné la patience ».
« Les Hyérois attendent désormais des actes concrets »
David Girard, du groupe « Notre énergie pour Hyères » (avec Valérie Battesti), adopte un ton plus critique. Il déplore « une communication excessive quotidienne notamment sur les réseaux sociaux » et affirme que « les Hyérois attendent désormais des actes concrets ». Sur la sécurité, présentée comme « priorité absolue », il regrette « la fermeture des postes de police de proximité de Riondet et du Val des Rougières » et juge que le nouveau « plan sécurité » « apporte peu de nouveautés », le renforcement des effectifs et la réflexion sur la vidéosurveillance étant « déjà engagés avant l'élection ». Il note également que « sur les grands projets, toujours aucune véritable orientation : beaucoup de réflexions, peu d'annonces ».
Sur le plan financier, son groupe a « voté contre l'emprunt de 5 millions d'euros proposé en début de mandat », estimant que la situation financière laissée par la précédente municipalité offrait « des marges de manœuvre suffisantes ». Il pointe aussi une situation « pour le moins inhabituelle » : « quatre personnes issues de la liste initiale ont déjà quitté ou n'ont pas rejoint le conseil municipal, auxquels il faut ajouter deux anciens colistiers qui ont immédiatement été employés auprès de Madame la maire après l'élection ». Sa conclusion est sans appel : « Hyères a besoin de moins de communication personnelle de Madame la Maire et davantage d'actions concrètes, de vision et de projets structurants ».
« Aucune décision n'a été prise » selon Hyères Avenir
Nicolas Massuco, pour « Hyères Avenir » (avec Widad Ferjani et Frédéric Valentin), dénonce un « début de mandat où la forme l'emporte sur le fond ». Il cite des exemples précis : « l'adjoint aux finances avait déclaré ne pas avoir lu le Rapport d'orientation budgétaire qui était pourtant qualifié d'exceptionnel », et « le vote du budget primitif avait eu lieu à l'unanimité de la majorité alors qu'il était considéré par elle comme contraire à l'intérêt de la commune ». Il s'étonne que « la maire en place ne peut faire aucune déclaration sans une note alors qu'elle est forte de 25 ans d'expérience », y voyant une « vraie différence avec la mandature précédente ».
Il fustige « une communication omniprésente dans laquelle les réseaux sociaux l'emportent sur tout » et affirme qu'« aucune décision n'a été prise, aucune opération nouvelle n'a été envisagée ». Le groupe dénonce une « politique de l'inauguration des opérations de la mandature précédente en tentant d'en tirer profit », et se dit « admiratif de cette capacité à se servir du travail des autres en ayant aussi peu respecté les promesses de campagne qui, au surplus, ne semblent pas avoir été budgétisées ». Hyères Avenir attend « avec impatience que nous passions d'influenceurs politiques au travail ».
« La politique d'une ville ne se fait pas sur les réseaux »
Jean-Michel Eynard-Tomatis, pour « L'Avenir Hyérois / RN » (avec Marie-Laure Collin et Philippe Ferré), estime que « le classique “état de grâce” qui permet aux nouveaux élus d'appliquer leurs promesses de campagne est terminé ». Il constate que « malgré l'éviction de la précédente municipalité qu'ils ont voulue, les Hyérois se plaignent toujours et de plus en plus », avec des « récriminations en tout genre » sur des sujets comme la sécurité, le stationnement ou l'accès aux soins. Il critique la réponse de la majorité : « inaugurations de projets initiés par la précédente municipalité, participations aux nombreuses manifestations estivales, largement médiatisées sur les réseaux sociaux ».
Il s'étonne que la maire, « après tant d'années passées dans différentes majorités municipales », et ses collaborateurs, qui « connaissent parfaitement les rouages et les arcanes de l'administration municipale », n'aient pas été « plus réactifs pour appliquer les promesses faites aux Hyérois ». Il cite en exemple l'action du maire de Nice, Éric Ciotti, pour montrer qu'« il est possible d'être efficace en moins de six mois », avant de conclure : « Alors, Hyérois, soyez patients ».
« Réponse improvisée et absence de stratégie » selon François Cornileau
François Cornileau, du groupe « Pour Hyères et les Hyérois » (UDR), dresse un « bilan contrasté ». Il reconnaît « de bonnes idées, que nous avions aussi proposées », comme la consultation citoyenne à Porquerolles, l'architecte-conseil ou le renforcement de la liaison avec Orly. Mais il s'interroge : « pourquoi ne pas avoir consulté aussi les autres fractions, notamment Giens ? » et « pourquoi ne pas avoir choisi un architecte-conseil indépendant ? ». Il rappelle que lors du débat Var-matin de février, Véronique Bernardini qualifiait la sécurité de « priorité absolue », mais qu'aujourd'hui, « pétition, témoignages et inquiétudes se multiplient », et que « Mme la maire répond par de nouvelles annonces… pour plus tard ».
Il dénonce la fermeture des postes de police municipale de Riondet et du Val-des-Rougières, suivie d'annonces d'ouvertures à la gare et au centre-ville, y voyant « le sentiment d'une réponse improvisée et d'une absence de stratégie ». Il rappelle que dès le vote du budget du 24 avril, son groupe pointait « le manque d'élan quand, à Nice et La Valette, mes amis Éric Ciotti et Julien Argento avaient déjà pris des mesures fortes ». Il critique « des indemnités des adjoints en forte hausse, 5 millions d'euros d'emprunt et investissements reportés ». Il conclut : « Nous soutiendrons les bonnes initiatives. Mais six mois après, il faut des actions et des résultats ! »