Les quatre grandes ligues européennes réclament une réforme de la gouvernance de la Fifa
Les ligues européennes réclament une réforme de la Fifa

La Premier League anglaise, la Liga espagnole, la Serie A italienne et la Bundesliga allemande ont lancé, ce vendredi, un appel commun en faveur d'une réforme de la gouvernance de la Fédération internationale de football (Fifa). Cette initiative survient alors que l'instance est plongée dans une crise profonde depuis la révélation du projet avorté de création d'une société commerciale ouverte à des investisseurs privés, baptisée Fifa Forward Entreprise (FFE).

Une demande de réforme fondamentale

Dans un communiqué conjoint, les quatre ligues ont estimé qu'« une réforme fondamentale de la gouvernance est indispensable pour rétablir des limites statutaires claires au sein de la Fifa et garantir, de manière démontrable, que les dossiers disciplinaires individuels restent à l'abri de toute ingérence politique ». Cette déclaration fait référence, de manière évidente, à l'affaire Balogun survenue durant la Coupe du monde 2026, jugée surréaliste par les observateurs.

Cette demande intervient alors que le président de la Fifa, Gianni Infantino, fragilisé par sa gestion solitaire du projet FFE, a proposé lundi une « consultation » des fédérations afin de réformer la gouvernance de l'instance. Infantino, candidat à sa propre succession en mars 2027, tente ainsi de répondre aux critiques, mais les ligues européennes jugent cette initiative insuffisante.

« Le président de la Fifa a certes reconnu la nécessité d'une réforme, mais il ne suffit pas d'envisager des changements superficiels ou procéduraux au lendemain de l'affaire FFE », ont-elles indiqué, qualifiant le projet FFE de « l'un des plus graves abus de pouvoir de l'histoire de l'instance ».

Une instance permanente pour les parties prenantes

Les quatre ligues proposent la mise en place « d'une instance permanente » représentant « les associations nationales, les ligues, les clubs et les joueurs, tant du football masculin que féminin ». Cette instance devrait être « pleinement informée des nouvelles initiatives et jouer un rôle significatif dans le processus décisionnel de la Fifa ».

Elles réclament également que « toute proposition majeure de la Fifa devra s'appuyer sur une justification clairement définie, des éléments probants et une évaluation indépendante - publiés avant toute décision - prenant en compte les joueurs, les clubs, les ligues et les supporters, et évaluant l'impact sur l'ensemble des parties prenantes ainsi que sur le développement du football ».

Les ligues demandent aussi de « protéger le rôle réglementaire de la Fifa de sa fonction commerciale », une séparation jugée essentielle pour éviter les conflits d'intérêts.

Des exigences pour les candidats à la présidence

La Premier League, la Liga, la Serie A et la Bundesliga demandent enfin aux candidats à la présidence de la Fifa de « souscrire à ces principes et, dans les 100 premiers jours du prochain mandat présidentiel, de convoquer une convention sur la gouvernance - présidée par une personnalité indépendante et réunissant les associations membres ainsi que la communauté du football dans son ensemble - chargée de rendre un rapport public sous six mois ».

Gianni Infantino est pour le moment le seul candidat à l'élection à la présidence de la Fifa prévue le 18 mars 2027, avec un dépôt des candidatures ouvert jusqu'au 18 novembre. Malgré le retrait du projet FFE, la Confédération européenne (UEFA), la Confédération de l'Amérique du nord, de l'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf) et la Confédération asiatique (AFC) continuent de réclamer le départ d'Infantino. Dans cette optique, l'UEFA prépare une plainte pour « gestion déloyale » contre le président de la Fifa et elle s'est mise en quête d'un candidat à lui opposer.