Le quartier HLM de La Beaucaire, à Toulon, s'est doté mi-septembre de son tout premier Comité d'intérêt local (CIL). Cette nouvelle association, présidée par Hacen Djemai, 55 ans, a pour mission de faire remonter les doléances des résidents jusqu'au bureau des décideurs municipaux. La création de ce CIL, jusqu'alors inexistante dans ce territoire classé « quartier prioritaire de la politique de la ville » (QPV), s'inscrit dans la volonté de la municipalité de concrétiser sa « démocratie de proximité ».
Une première assemblée sous le signe de la convivialité
À l'issue de la réunion de lancement, organisée à l'espace Beaucaire, les organisateurs ont respecté la tradition du « pot de l'amitié », avec thé à la menthe et pâtisseries orientales. La maire de Toulon, Josée Massi, s'est adressée à une quarantaine de personnes présentes : « On est là pour que le quartier fonctionne le mieux possible ». Plusieurs élus municipaux avaient fait le déplacement, notamment Corinne Jouve, Geneviève Levy, Ali Khalfaoui et Claudie Defianas.
Hacen Djemai, « né à la Beaucaire », explique avoir accepté ce rôle après avoir été sollicité : « On est venu me chercher et j'ai accepté le rôle. Les gens me connaissent bien, ici. Un CIL, ça peut faire avancer les choses ». Il aura la charge d'animer cette structure, sur le modèle de celles existant dans d'autres quartiers de la ville depuis des années.
Les principales revendications des habitants
Parmi les doléances exprimées par les riverains figurent notamment l'amélioration de la propreté, une lutte accrue contre les voitures ventouses, la création d'une aire de jeux pour les enfants, ainsi que des travaux sur la voirie, l'éclairage public et l'habitat. Hacen Djemai affirme n'être guidé que par l'ambition « d'améliorer le cadre de vie ».
La question de la salle de prière, jugée trop exiguë par la communauté musulmane, a également été évoquée avec prudence. Un fidèle du lieu cultuel, installé au pied d'une des quatre tours, déplore : « Aujourd'hui, on est obligé de prier dehors, même quand il pleut ». La maire a reconnu : « On a conscience de cette problématique. Il ne s'agit pas de construire une mosquée mais on a identifié des locaux vides qui pourraient être adaptés ».
Josée Massi a toutefois tenu à rappeler le périmètre d'action du CIL : « Le CIL n'est pas là pour gérer les soucis de locataires ou accompagner les demandes de logement. Pour cela, il y a le bailleur social Toulon Habitat Méditerranée ».
Un défi de taille pour fédérer les habitants
Le nouveau CIL devra relever un défi majeur : fédérer les habitants d'un quartier marqué par un sentiment de déclassement et d'abandon des pouvoirs publics, où plus de 56 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Il devra aussi convaincre la quarantaine d'associations locales que le CIL peut devenir leur porte-voix auprès de l'hôtel de ville.
Pour répondre à ces attentes, la maire a mis en avant plusieurs projets structurants pour le quartier, dont une maison des services publics et la construction d'une nouvelle école en lieu et place des anciens locaux de la CAF. « Pour résoudre les problèmes, c'est plus simple d'avoir un interlocuteur qu'une multitude », a-t-elle résumé, avant d'ajouter : « Et tout problème a une solution ».



