Journée Pape obligatoire dans les écoles catholiques : le Sgec précise
Journée Pape obligatoire : le Sgec précise

Le Secrétariat général de l'enseignement catholique (Sgec) a adressé une note aux établissements scolaires catholiques sous contrat, leur demandant de « banaliser » la journée du vendredi 25 septembre en l'honneur de la venue de Léon XIV en France. Cette note, datée du 10 septembre et consultée par Libération, précise que cette « journée de classe banalisée » « revêt un caractère obligatoire pour les élèves comme pour l'ensemble des enseignants et des personnels, au même titre que toute autre journée scolaire ».

Des activités autour du pape et de l'Église catholique

Concrètement, les établissements sont invités à consacrer cette journée à des activités autour de Léon XIV et de différents thèmes liés à l'Église catholique. Dans le primaire, le Sgec propose notamment de réaliser des colombes en papier ou une fresque sur la paix. À partir du CP, les élèves pourront aussi découvrir « le Vatican et le rôle du pape ». Au collège et au lycée, ils pourront notamment analyser le discours que Léon XIV doit prononcer à l'Unesco ou travailler autour de la « civilisation de l'amour ».

Le Sgec propose également différentes ressources pour préparer cette journée, parmi lesquelles des contenus sur la « vision éducative de Léon XIV », des « passeports jeune » ou encore un « JT du pape ». Des activités pourront aussi porter sur des sujets comme la paix, la fraternité, l'intelligence artificielle, la lutte contre le harcèlement ou la prévention des violences.

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Une journée présentée comme le déplacement d'un rendez-vous existant

Pour justifier cette journée consacrée à la venue du pape, le Sgec la présente comme le déplacement de la « journée des communautés éducatives », un rendez-vous qu'il décrit comme « un temps fort institutionnalisé depuis de nombreuses années » et qui aurait habituellement lieu au début du mois de décembre. Cette présentation est contestée par Laëtitia Bramoullé, porte-parole du collectif Stop aux souffrances dans les établissements catholiques, qui affirme que cette journée nationale n'existe pas sous cette forme.

Le caractère obligatoire de la journée est par ailleurs à nuancer. Le Sgec n'exerce pas d'autorité hiérarchique sur les établissements, dont les directeurs restent responsables. Interrogé par Libération, le secrétariat a ainsi indiqué avoir procédé à « une simple information, sans procédure particulière », renvoyant l'organisation de la journée aux chefs d'établissement.

Le Sgec précise toutefois que « cette obligation de présence ne s'accompagne d'aucune obligation de conviction ». Selon l'institution, il ne s'agit pas « d'imposer une démarche religieuse », mais de permettre aux élèves de « comprendre l'événement, d'en débattre et, s'il le souhaite, d'y prendre part individuellement ». Les activités explicitement religieuses, comme la prière ou les chants, sont présentées comme facultatives.

Des interrogations sur le temps scolaire

Cette journée soulève également la question du temps consacré aux enseignements habituels dans les établissements privés sous contrat. La note prévoit que la participation des enseignants à cette journée soit reconnue comme « temps de service ». Or, dans ces établissements, les enseignements dispensés dans le cadre du contrat avec l'État doivent respecter les programmes et les règles de l'Éducation nationale.

Le Sgec estime de son côté qu'une journée des communautés éducatives peut « rompre avec le cadre strict de l'heure de cours » et se dérouler « légitimement sur le temps scolaire ». L'institution affirme également avoir informé l'Éducation nationale de cette organisation « depuis plusieurs semaines ».

« Les professeurs sont des agents publics rémunérés par l'État, qui doivent appliquer les programmes de l'éducation nationale, même dans les murs privés ! Nous sommes des établissements sous contrat et l'État ne finance pas le culte. Le Sgec passe son temps à remettre en question l'un des plus grands principes de la République, celui de la séparation de l'Église et de l'État », a de son côté réagi Franck Pécot, secrétaire général du Snep-Unsa, syndicat minoritaire des professeurs du privé. Il affirme auprès de Libération avoir alerté le ministère.

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