Un Irlandais détenu par l'ICE aux États-Unis malgré un permis de travail valide
Un ressortissant irlandais ayant migré aux États-Unis en 2009 est incarcéré depuis cinq mois dans un centre de détention de l'agence américaine de contrôle de l'immigration et des douanes (ICE). Cette situation perdure alors même qu'il dispose d'un permis de travail parfaitement valide et qu'il ne présente aucun casier judiciaire, selon des informations rapportées par The Irish Times et relayées par The Guardian. Son avocat, Ogor Winnie Okoye, qualifie cette incarcération d'absolument incompréhensible.
Une vie construite légalement aux États-Unis
« Il n'a jamais été arrêté. Il est marié à une citoyenne américaine. Il possède sa propre entreprise. Il s'est construit une vie ici. Il a tout fait comme il faut », a plaidé l'avocat avec insistance. Seamus Culleton est entré initialement aux États-Unis via un programme d'exemption de visa, dépassant par la suite la limite autorisée de 90 jours. Cependant, il a régularisé sa situation en obtenant une exemption légale qui lui permettait de travailler légalement, après avoir épousé une citoyenne américaine et avoir déposé une demande de carte verte.
L'homme, qui dirige avec succès une entreprise spécialisée dans le plâtre dans la région dynamique de Boston, a été interpellé de manière totalement inattendue lors d'un contrôle aléatoire de l'immigration. Cet incident s'est produit alors qu'il effectuait des achats de fournitures dans une quincaillerie le 9 septembre 2025. Il a été placé en détention dans des installations de l'ICE situées près de Boston et à Buffalo, dans l'État de New York, avant d'être transféré par avion vers le centre de détention d'El Paso, au Texas. Un lieu que l'Irlandais n'a pas hésité à décrire avec des termes forts, le comparant sans ambages à « un camp de concentration ». Cette incarcération prolongée l'a malheureusement empêché de se présenter à l'entretien final crucial pour l'obtention de sa carte verte.
Des irrégularités flagrantes pointées du doigt
Au-delà de la détention elle-même, Ogor Winnie Okoye souligne avec vigueur plusieurs irrégularités préoccupantes dans le traitement de ce dossier. Un juge avait pourtant approuvé la libération de son client moyennant le paiement d'une caution de 4 000 dollars. Si la caution a été intégralement payée, l'homme n'a paradoxalement pas été libéré. Il a également affirmé avec force avoir catégoriquement refusé de signer un formulaire acceptant son expulsion au centre de Buffalo. Le document en question, présenté par deux agents de l'ICE, comporterait ainsi des signatures qui ne seraient manifestement pas les siennes, soulevant de sérieux doutes sur les pratiques employées.
Si le juge a confirmé l'existence de ces irrégularités troublantes, il a malgré tout donné raison à l'ICE dans sa décision finale. Par conséquent, Seamus Culleton reste toujours menacé d'expulsion imminente, une perspective qui le plonge dans l'angoisse. « Toute ma vie est ici. J'ai travaillé très dur pour monter mon entreprise. Ma femme est ici », a-t-il témoigné avec émotion auprès du quotidien national. Son épouse s'inquiète profondément pour sa santé mentale et physique, d'autant que l'homme réclame des antibiotiques de manière urgente depuis quatre semaines sans obtenir de réponse satisfaisante.
Ce nouveau cas de détention controversée s'inscrit dans un contexte particulièrement tendu autour des méthodes souvent critiquées de l'ICE. L'agence est notamment accusée d'avoir causé la mort de deux personnes à Minneapolis et d'avoir procédé à l'arrestation d'un enfant, alimentant les débats sur ses pratiques.



