Un troisième départ secoue le cabinet de Keir Starmer
Le gouvernement britannique vient d'annoncer le départ de son secrétaire du cabinet, Chris Wormald, le plus haut fonctionnaire chargé de conseiller le Premier ministre. Cette démission intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par les répercussions du scandale lié à Jeffrey Epstein.
Un départ « d'un commun accord »
Chris Wormald occupait ce poste stratégique depuis décembre 2024. Selon le communiqué officiel, son départ se fait « d'un commun accord ». Le Premier ministre Keir Starmer a déclaré : « Nous avons convenu avec lui qu'il démissionnerait aujourd'hui de son poste de secrétaire du cabinet. Je lui souhaite le meilleur pour l'avenir. »
Le gouvernement n'a pas fourni de raison officielle à ce départ, mais il survient après ceux de deux autres proches collaborateurs de Starmer. Morgan McSweeney, chef de cabinet, a démissionné dimanche, tandis que Tim Allan, directeur de la communication, est parti lundi.
Les répercussions du scandale Epstein-Mandelson
Tous ces départs sont directement liés aux conséquences du scandale entourant la nomination controversée de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington fin 2024. Mandelson avait maintenu des liens notoires avec le pédocriminel américain Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019.
Keir Starmer affirme ne pas avoir connu « l'étendue » de ces relations au moment de la nomination. Face aux critiques croissantes, le gouvernement s'est engagé à publier tous les documents relatifs à la nomination et au limogeage de Mandelson en septembre 2025.
En tant que secrétaire du cabinet, Chris Wormald portait la responsabilité du processus de vérification préalable à la nomination de Mandelson, bien qu'il n'ait pris ses fonctions que quelques jours avant l'annonce officielle.
Des tensions internes et une réaction politique
Les médias britanniques rapportent également que Downing Street était mécontent de la manière dont Wormald menait la réforme de la fonction publique voulue par le gouvernement travailliste. Cette insatisfaction aurait contribué à son départ.
La cheffe de l'opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a réagi vivement sur les réseaux sociaux : « Le secrétaire du cabinet est la dernière personne que Keir Starmer sacrifie pour sauver sa propre peau. » Cette déclaration reflète les tensions politiques exacerbées par cette affaire.
Vers une succession historique
En attendant la désignation d'un successeur permanent, trois hauts fonctionnaires se partageront temporairement les attributions de Wormald. Selon plusieurs sources médiatiques, Antonia Romeo serait pressentie pour devenir la prochaine secrétaire du cabinet.
Cette nomination serait historique, faisant d'elle la première femme à occuper ce poste stratégique et prestigieux au sein de l'administration britannique. Le choix de son successeur sera particulièrement scruté, alors que le gouvernement tente de contenir les dommages politiques du scandale Epstein.
Cette série de départs au sein de l'équipe dirigeante britannique illustre l'impact durable du scandale Epstein sur la stabilité gouvernementale. Keir Starmer doit maintenant naviguer entre transparence exigée et reconstruction de son équipe, dans un climat politique de plus en plus hostile.



