Une page se tourne à l'Institut du monde arabe
La succession de Jack Lang à la tête de l'Institut du monde arabe (IMA) prend forme ce mardi 17 février 2026. Un conseil d'administration se réunit pour officialiser la démission de l'ancien ministre socialiste, contraint de quitter ses fonctions le 7 février sous la pression des révélations liées à ses relations avec Jeffrey Epstein. Bien qu'aucune charge ne pèse actuellement contre lui, les documents judiciaires américains mentionnent son nom à de nombreuses reprises dans des échanges avec le financier et prédateur sexuel, décédé en prison en 2019.
Des perquisitions et une enquête en cours
Lundi, alors que Jack Lang faisait ses adieux à ses équipes lors d'une cérémonie à Paris, des enquêteurs de la brigade financière ont perquisitionné ses bureaux à l'IMA. Ils recherchent des traces de blanchiment de fraude fiscale lié à une société offshore fondée en 2016 par sa fille, Caroline Lang, et Jeffrey Epstein. Son domicile parisien a également été visité par la police dans le cadre d'une enquête ouverte le 6 février par le Parquet national financier, suite à la publication de millions de documents aux États-Unis concernant l'affaire Epstein.
Devant ses collaborateurs, Jack Lang a dénoncé une campagne de calomnie et de lynchage, niant toutes les accusations et justifiant sa démission par la volonté de protéger l'image de l'IMA. Il a affirmé que ces allégations ne reposaient sur rien de concret.
Un conseil d'administration crucial
Le conseil d'administration de l'IMA, composé de 14 membres – sept ambassadeurs de pays arabes et sept personnalités désignées par le ministère des affaires étrangères – doit acter formellement la démission de Jack Lang. Parmi ses membres figurent les ambassadeurs d'Arabie Saoudite, du Qatar et de Palestine, ainsi que le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné. Cette instance pourrait également se prononcer sur le successeur proposé par les autorités françaises, bien qu'elle puisse décider de reporter sa décision finale pour examiner les candidatures.
L'héritage de Jack Lang et l'avenir de l'IMA
Fondation privée reconnue d'utilité publique, l'IMA a été créé en 1987 par le président François Mitterrand, suite à un partenariat avec 22 pays arabes. Elle combine musée, bibliothèque et centre de langues, avec pour mission d'établir des liens forts et durables entre les cultures. Après une période de déclin, l'institution a regagné en visibilité sous la présidence de Jack Lang, selon de nombreux observateurs. Sa chute, provoquée par l'affaire Epstein, marque un tournant pour cette institution prestigieuse, tandis que la course à sa succession alimente les spéculations dans les cercles du pouvoir.
La réunion de ce mardi matin, convoquée à 10 heures, est donc déterminante pour l'avenir de l'IMA, alors que les enjeux politiques et judiciaires continuent de peser sur cette transition.



