Sénatoriales : un scrutin clé pour 2027
Sénatoriales : un scrutin clé pour 2027

Les élections sénatoriales de ce dimanche pourraient modifier durablement les grands équilibres du Palais du Luxembourg et déterminer la capacité du futur président de la République à faire adopter ses lois. Ce scrutin, dernier rendez-vous électoral avant la campagne présidentielle, intervient dans un contexte de recomposition politique qui touche pour la première fois la chambre haute.

Un mode de scrutin qui favorise les partis locaux

Contrairement aux élections présidentielles ou législatives, les sénatoriales se déroulent au suffrage indirect. Ce sont les grands électeurs – délégués municipaux, députés, sénateurs, conseillers régionaux et départementaux – qui sont appelés aux urnes. Ce système privilégie traditionnellement les partis les mieux implantés localement, à savoir Les Républicains (LR) et, dans une moindre mesure, le Parti socialiste et les centristes (Modem et UDI).

Mais les lignes pourraient bouger lors de ce scrutin. La recomposition du paysage politique atteindrait pour la première fois le Sénat, avec des ambitions nouvelles pour les partis situés aux extrêmes de l'échiquier politique.

Les Républicains sous pression, le RN et LFI en embuscade

Le Rassemblement national pourrait être en mesure de constituer un groupe au Sénat, tandis que La France insoumise espère décrocher son premier sénateur. Les Républicains, historiquement dominants, risquent de voir leur avance s'effriter. À l'issue des dernières sénatoriales de 2023, le groupe LR comptait 102 membres, contre 64 pour le groupe socialiste, écologiste et républicain, mais sa taille a fondu : ils étaient 148 en 2020.

Bruno Retailleau, président du groupe LR, mène une double campagne : il se bat pour sa propre réélection, qui ne devrait pas poser de problème, mais aussi pour éviter de grosses pertes pour son parti, ce qui serait un mauvais signe alors qu'il ambitionne toujours d'être candidat à l'élection présidentielle. Un effondrement des LR profiterait notamment à l'extrême droite.

Le RN, fort de ses dernières victoires électorales, espère former un groupe sénatorial, soit un minimum de dix élus. Le parti ne compte actuellement que trois sénateurs. Pour franchir ce cap, il a misé sur de nombreuses listes menées par des figures reconnues à l'Assemblée nationale, comme la députée Edwige Diaz en Gironde, ou Marie-Caroline Le Pen, sœur aînée de Marine Le Pen, dans la Sarthe, dont la liste comprend également Virginie de Gaulle, présentée comme « arrière-petite-nièce du général de Gaulle ».

LFI espère une première entrée au Palais du Luxembourg

De l'autre côté de l'hémicycle, les résultats des dernières municipales permettent à La France insoumise d'espérer une entrée au Sénat. La meilleure chance du mouvement de Jean-Luc Mélenchon réside dans le Rhône, grâce aux victoires dans les communes de Vaulx-en-Velin et de Vénissieux. « Nous faisons partie des départements dans lesquels, objectivement, même si la marche est haute, La France insoumise peut avoir l'opportunité de siéger au Sénat », estimait Gabriel Amard, député de Villeurbanne et tête de liste des insoumis, dans Le Progrès.

Un impact direct sur le parcours législatif des réformes

Ces élections sont déterminantes car le futur président de la République devra sans doute s'appuyer sur la chambre haute pour faire voter ses principales réformes, surtout si, comme c'est probable, il a du mal à constituer une majorité à l'Assemblée nationale. Une majorité sénatoriale favorable à l'exécutif pourrait faciliter l'adoption et le compromis sur les textes portés par le gouvernement. À l'inverse, une majorité hostile ou très éloignée de ses orientations pourrait multiplier les désaccords et compliquer le parcours législatif des réformes.