Sénatoriales dans le Var : 7 réponses clés avant le scrutin du 27 septembre
Sénatoriales dans le Var : 7 réponses clés avant le scrutin

Ce dimanche 27 septembre, les électeurs varois ne se rendront pas aux urnes, mais les grands électeurs du département choisiront leurs quatre nouveaux sénateurs. Le scrutin se déroule dans un contexte marqué par une participation record et une offre politique éclatée, avec onze listes en lice. Voici les réponses aux sept questions que l'on se pose avant ce vote décisif.

Qui sont les grands électeurs et où voteront-ils ?

Dans le Var, 2 348 grands électeurs sont appelés à voter, contre 2 249 en 2020. Ce collège électoral est composé des 153 maires du département, d'une grande part des conseillers municipaux, des 46 conseillers départementaux, des 27 conseillers régionaux, ainsi que des huit députés et quatre sénateurs encore en poste. Les villes de plus de 30 000 habitants ont également élu, début juin, 326 délégués supplémentaires, choisis parmi les militants, les soutiens des municipales ou les proches des élus.

Le vote se déroulera à la préfecture du Var, à Toulon, où quatorze bureaux de vote seront tenus par des élus réquisitionnés de 8h30 à 17h30. Pour les mairies éloignées, des bus sont souvent affrétés et un déjeuner offert aux grands électeurs. Comme le raconte Marc Lauriol, ex-LR et candidat indépendant : « C'est le jour où on met le plus de crème sur le visage pour faire le maximum de bises à l'entrée. »

Le vote est-il obligatoire et combien coûte une campagne ?

Oui, le vote est obligatoire, une exception dans le système électoral français. En cas d'absence sans motif légitime (raison de santé majeure ou cas de force majeure dûment justifié), les grands électeurs encourent une amende de 100 euros. Ils peuvent toutefois se faire remplacer par un suppléant préalablement désigné, ce qui explique un taux de participation de quasiment 99 %, comme en 2020.

Côté finances, la campagne sénatoriale est la moins chère des élections. Dans le Var, les dépenses, calculées en fonction du nombre d'habitants, sont plafonnées à moins de 40 000 euros, contre environ 60 000 euros pour les précédentes législatives. Le plafond des remboursements est fixé à quasiment 19 000 euros, mais uniquement pour les listes qui obtiendront au moins 5 % des votes.

Quelles sont les principales dépenses des candidats ?

Les budgets varient fortement selon les candidatures. Véronique Maurel (UDI), présidente de l'Union patronale du Var (UPV), ne devrait pas dépasser 4 000 euros de dépenses, alors que son équipe s'était fixé un budget de 10 000 euros. « On a fait une petite campagne, en allant distribuer nous-mêmes un grand nombre de documents », confie son colistier Fabrice Albert, également patron de l'UDI Var.

À l'inverse, Frank Giletti, tête de liste RN-UDR, a vu plus large : il devrait débourser entre 10 000 et 12 000 euros, dont 3 600 euros en frais d'impression, de graphisme et d'envois de brochures, et 800 euros pour la location d'une salle communale à La Valette-du-Var pour le discours d'Éric Ciotti vendredi dernier. Jean-Pierre Colin (Horizons) a, lui, mis le paquet sur la communication, avec 10 100 euros de dépenses.

Pourquoi tant de listes et un siège de moins que les Alpes-Maritimes ?

Le Var figure dans le Top 5 des départements avec onze listes déposées en préfecture pour quatre sièges, soit cinq de plus qu'en 2020. Cette multiplication s'explique par la non-candidature de trois des sénateurs sortants, qui a ouvert le jeu, et par l'absence d'un patron varois, comme du temps d'Hubert Falco. L'extrême droite compte trois listes, dont celle surprise de Philippe Vitel, frondeur de l'Union des droites pour la République. À gauche, plusieurs candidats, comme Michel Gros, ancien maire de La Roquebrussanne, tentent de conquérir les voix acquises par André Guiol en 2020. Le faible coût d'une campagne a aussi poussé certains à se lancer, comme le fils de l'ancien maire de Signes.

Enfin, le Var compte un sénateur de moins que les Alpes-Maritimes, alors que la différence de population n'est plus que de 9 000 habitants depuis janvier 2026. La répartition des sièges de sénateurs n'est pas recalculée automatiquement à chaque recensement ; la dernière mise à jour remonte à 2003, sur la base des chiffres de 1999. Cette anomalie démographique pousse la candidate UDI Véronique Maurel à vouloir « porter au Sénat une actualisation de la répartition des sièges entre les départements ».