Les élections sénatoriales dans les Alpes-Maritimes ont réservé leur lot de surprises ce dimanche 27 septembre. La liste UDR-RN, soutenue par Éric Ciotti, est arrivée en tête du scrutin avec 829 voix (40,22 % des suffrages), mais ne décroche que deux sièges sur cinq. La droite, menée par Alexandra Borchio-Fontimp, conserve trois sénateurs, un résultat inattendu au vu de la poussée de l'extrême droite dans le département.
Une victoire en trompe-l'œil pour l'UDR-RN
Grande favorite de cette élection, la liste « Le meilleur est à venir pour les Alpes-Maritimes » espérait obtenir la majorité des cinq sièges, soit trois, « voire quatre si Dominique Estrosi-Sassone s'écroule », avançait-on à l'UDR. Finalement, seuls l'eurodéputé UDR Laurent Castillo et la conseillère municipale et départementale UDR Gaëlle Frontoni feront leur entrée au Sénat. Le sénateur sortant Henri Leroy (UDR, ex-LR), ancien maire de Mandelieu, n'est pas réélu.
« C'est pour nous une immense victoire, celle des électeurs qui nous ont fait confiance et nous ont portés en tête de cette élection », a réagi Laurent Castillo. Éric Ciotti a salué « les victoires historiques de l'union des droites et des patriotes » qui permettront « la constitution d'un groupe au Sénat », y voyant « le signal puissant d'une nation qui se mobilise depuis ses territoires pour préparer la grande alternance en 2027 ».
Mais une heure plus tôt, alors que les résultats par bureau de vote commençaient à affluer, les visages étaient fermés du côté de l'UDR. « C'est un échec pour Éric Ciotti », analysait une élue. L'homme fort des Alpes-Maritimes, qui dirige la cinquième ville de France et sa métropole, préside la commission des finances du Département et un groupe à l'Assemblée nationale. Il jouait aussi sa crédibilité en pleine campagne présidentielle, lui qui soutient pleinement la candidature de Marine Le Pen.
La droite conserve trois sièges, la surprise Borchio-Fontimp
La liste LR/Nouvelle Énergie d'Alexandra Borchio-Fontimp a remporté 621 voix, soit 30,13 % des suffrages. Ce score lui permet d'emmener avec elle au Sénat Jean-Marc Délia, maire Nouvelle Énergie de Saint-Vallier-de-Thiey, qui revient au Palais du Luxembourg après l'avoir quitté cinq mois plus tôt. En janvier 2025, il avait succédé à Philippe Tabarot, devenu ministre des Transports, avant de se retirer pour redevenir maire.
« C'est une belle surprise. J'espérais être reconduite mais je n'imaginais pas faire un deuxième siège. Je suis très contente, a réagi la sénatrice. Je remercie les maires qui m'ont apporté leur soutien et accompagnée pendant cette campagne. C'est aussi le résultat de mon travail pendant 6 ans et de cette campagne de proximité à l'image de mon mandat. »
Pendant la campagne, la liste « Ensemble pour les Alpes-Maritimes » a additionné les soutiens de poids : le maire Nouvelle Énergie de Cannes, David Lisnard, le maire LR de Grasse, Jérôme Viaud, et le maire LR d'Antibes, Jean Leonetti. Ce dernier était présent en préfecture, aux côtés d'Alexandra Borchio-Fontimp, durant la soirée électorale.
La revanche de Dominique Estrosi-Sassone
Dominique Estrosi-Sassone (LR) conserve son siège après avoir récolté 469 voix (22,76 % des suffrages). Celle à qui ses détracteurs prédisaient « la fin de sa carrière politique » a pris sa revanche. Non seulement la présidente de la commission des affaires économiques et sociales du Sénat conserve son siège, mais elle devance largement les listes de gauche.
« Certains, à gauche ou de droite modérée, ont voté utile, pour faire barrage à l'extrême droite », décryptait un élu. « Elle a pris des voix à Francis Tujague (PCF-PS) », estime-t-on à gauche. « J'ai gagné ce combat, seule contre tous, en m'appuyant sur le travail que j'ai accompli durant 12 ans dans ce territoire et grâce à mes colistiers, des élus de terrains, engagés », s'est félicité la sénatrice, élue depuis 2014, qui dénonce « des trahisons et des opportunismes politiques ». « La volonté des deux autres listes était de me faire chuter définitivement. Ils n'y sont pas arrivés », s'est-elle réjouie.
Les trois sénateurs de droite siégeront dans la majorité de Gérard Larcher. La gauche, divisée, n'a pas réussi à placer un candidat au Palais du Luxembourg. La liste PCF-PS, soutenue par les Écologistes, menée par Francis Tujague, maire PCF de Contes, a remporté 84 voix (4,08 %). L'écologiste Jean-Christophe Picard a obtenu 36 voix, Adrien Nouet pour LFI 14 voix, et Livio Orsi, conseiller municipal d'opposition à Beausoleil, 8 voix.