La chute judiciaire et politique de Nicolas Sarkozy
Condamné définitivement dans les affaires des écoutes téléphoniques "Paul Bismuth" et Bygmalion, Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, abat ses dernières cartes. À l'image de Donald Trump, il pilonne le pouvoir judiciaire, sapant un pilier essentiel de la République. Cette dérive s'inscrit dans un contexte familial marqué par l'échec électoral de son fils Louis à Menton, loin derrière une candidate du Rassemblement national, contrastant avec l'entrée tonitruante de Sarkozy à Neuilly au même âge.
Une stratégie médiatique calibrée
Après une troisième condamnation à cinq ans de prison dans l'affaire du financement libyen et vingt jours de détention provisoire, une première historique pour un ex-président, Sarkozy orchestre une mise en scène inédite. Il se présente en victime d'une "injustice scandaleuse", s'identifiant à Edmond Dantès du "Comte de Monte-Cristo". Son livre "Journal d'un prisonnier", publié chez Fayard, devient un best-seller grâce au soutien des médias de Vincent Bolloré, transformant le prévenu en martyr présumé d'un complot judiciaire.
Le revirement partisan et la rupture avec Macron
Faisant le compte de ses amis et ennemis, Sarkozy conspue désormais Emmanuel Macron, qu'il avait soutenu en 2017 et 2022, l'accusant de ne pas s'opposer à sa radiation de la Légion d'honneur. Cette rupture s'accompagne d'un inquiétant rapprochement avec l'extrême droite. Il promet à Marine Le Pen de ne plus appeler au front républicain contre le Rassemblement national et soutient un "rassemblement le plus large possible, sans exclusive". Recevant Jordan Bardella, il compare la ligne du RN à celle du RPR de Jacques Chirac, flirtant avec une fusion idéologique.
Une déchéance morale et politique
Le ministre de l'Intérieur qui promettait de débarrasser les quartiers de la "racaille" et le président créateur du ministère de l'Identité nationale réalise aujourd'hui un alliage avec l'extrême droite, non plus pour la brider, mais pour pactiser. Si son salut judiciaire et sa vengeance en dépendent, Sarkozy semble prêt à cette alliance, marquant une déchéance à la fois morale et politique. Le clan Sarkozy, autrefois symbole de pouvoir, incarne désormais une dérive trumpiste aux conséquences institutionnelles profondes.



