Législatives russes: large victoire du parti de Poutine malgré les attaques
Russie: large victoire du parti de Poutine aux législatives

Le parti de Vladimir Poutine, Russie unie, a remporté une large majorité aux élections législatives russes du dimanche 20 septembre 2026, selon les résultats officiels partiels relayés par les agences de presse russes. Le scrutin, le premier depuis le début de l'offensive à grande échelle contre l'Ukraine en 2022, a été marqué par des attaques de drones ukrainiens et des piratages informatiques, auxquels Moscou a promis une riposte.

Une victoire sans surprise, une opposition réduite au silence

D'après les résultats officiels après dépouillement des trois quarts des bulletins, Russie unie obtient 57,5% des voix, contre 14% pour les communistes et 8,7% pour les nationalistes du LDPR. La formation au pouvoir semble en passe d'améliorer nettement son score de 2021 (49,8%) et, selon les projections de l'agence TASS, elle est d'ores et déjà assurée de conserver sa majorité des deux tiers des sièges à la Douma, ce qui permet de modifier la constitution. Les autorités électorales se sont félicitées d'une participation en hausse, à 56,7%.

Aucun parti opposé au conflit n'avait été autorisé à concourir. Le seul parti frontalement opposé à la guerre, Iabloko, a été écarté. Les formations autorisées soutiennent toutes, à des degrés divers, Vladimir Poutine et la poursuite du conflit en Ukraine. Le scrutin s'est également déroulé dans les territoires ukrainiens occupés et annexés par la Russie.

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Des attaques de drones et des piratages massifs

La dernière journée de vote a été marquée tôt dimanche par une attaque ukrainienne impliquant plus d'un millier de drones, qui a tué deux personnes dans la périphérie de Moscou, selon les autorités russes. À Moscou même, une importante raffinerie a été endommagée, selon le maire Sergueï Sobianine, qui a dénoncé une attaque « manifestement planifiée dans le but de perturber les élections ». Un drone ukrainien a également frappé un bus dans la région de Kherson, dans le sud de l'Ukraine contrôlé par la Russie, tuant deux personnes, dont une employée de la Commission électorale, selon cette dernière.

En réponse, le ministère russe de la Défense a assuré dans la soirée que Moscou « poursuivrait et intensifierait » ses frappes au moyen d'« armes de haute précision contre des cibles militaires à Kiev ». Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que les frappes ukrainiennes « ont eu un impact très important dans la région de Moscou ». Il s'est entretenu au téléphone avec Donald Trump, qui a sommé Kiev ces derniers jours de cesser ses frappes contre les raffineries russes. Zelensky a indiqué avoir convenu d'une rencontre à New York dans les prochains jours avec le président américain, avec qui il a évoqué « des idées pour des mesures de désescalade ».

Des cyberattaques attribuées à l'Ukraine

Parallèlement, la Commission électorale a annoncé avoir observé « plus d'un millier » de vagues d'attaques destinées à saturer de requêtes le système de vote électronique, ainsi que des attaques contre « l'infrastructure de télécommunications de la Russie dans son ensemble ». « Les attaques ont été menées par des groupes hautement professionnels et bien coordonnés, utilisant des outils d'intelligence artificielle », a déclaré la présidente de la Commission électorale, Ella Pamfilova, évoquant des tentatives présentant « des signes d'une ingérence ukrainienne ». Elle a également indiqué que les résultats préliminaires seraient annoncés lundi à 11h00 (08h00 GMT).

Ce scrutin s'est déroulé dans un contexte social tendu, la Russie étant confrontée à des sanctions économiques occidentales, des frappes ukrainiennes régulières, des pénuries d'essence et des limitations du fonctionnement de l'internet dans plusieurs régions. Vitali Ivanov, 63 ans, retraité du métro de Moscou, a dit à l'AFP avoir voté « pour les communistes » : « J'ai une petite retraite, ça ne suffit pas pour vivre », a-t-il expliqué. Igor Safronov, un programmateur de 30 ans, a déclaré à l'AFP avoir voté pour le parti des Nouvelles personnes, car il « ne voulait pas voter pour Russie unie ».

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Des protestations à l'étranger

À Berlin, qui accueille l'une des plus grandes diasporas de Russes ayant fui leur pays, quelques dizaines de partisans de l'opposition en exil ont protesté aux cris de « La Russie sera libre ! » et « Non à la guerre ! », a constaté un journaliste de l'AFP. À Londres, une centaine de personnes se sont rassemblées devant l'ambassade russe, certaines brandissant des drapeaux ukrainiens, d'autres des pancartes sur lesquelles étaient inscrites « Say no to Putin » (« Non à Poutine »). L'Union européenne a de son côté dénoncé des élections se déroulant dans un climat de « répression systématique et institutionnalisée ». Dmitri Medvedev, l'ex-président et actuel patron de Russie unie, a salué les premières tendances comme une expression de confiance dans le pouvoir, promettant de « soutenir la ligne fixée par le président et de rapprocher (le pays) de la victoire ».