À Roquebrune, le maire Patrick Cesari assume son soutien à Ciotti mais pas l'UDR
Roquebrune : Cesari assume Ciotti mais pas l'UDR

Le maire de Roquebrune-Cap-Martin, Patrick Cesari, a publiquement soutenu la liste UDR/RN menée par Laurent Castillo lors des dernières élections sénatoriales, une position qui suscite des interrogations au sein de la droite locale, alors que l'intéressé affirme distinguer sa fidélité personnelle à Éric Ciotti de toute adhésion au parti.

Un soutien affiché qui relance les spéculations

Une photographie publiée sur le compte X d'Éric Ciotti, président de l'Union des droites pour la République (UDR), montre Patrick Cesari souriant, une main posée sur l'épaule de Laurent Castillo, lors d'une soirée organisée à Roquebrune-Cap-Martin en soutien à la liste UDR/RN, quelques jours avant le scrutin. « Merci à Patrick Cesari pour son accueil chaleureux et son soutien puissant », écrivait Éric Ciotti sur son compte X, le 24 septembre 2026.

Ce soutien n'est pas passé inaperçu. Il alimente les spéculations sur le positionnement politique du maire, qui s'était présenté aux dernières élections municipales avec une liste divers droite. Plusieurs membres de son entourage, à commencer par son premier adjoint, sont déjà liés à l'UDR.

« Il a le RN honteux », selon l'opposition

Dans l'opposition, Guillaume Contesse, élu d'« Agir pour RCM » soutenu par le Rassemblement national, voit dans cette séquence un positionnement calculé. Il n'était pas convié à la soirée de Roquebrune, alors que son mouvement est allié à l'UDR. En revanche, il était présent à un événement similaire à Menton, toujours en soutien de la liste UDR-RN. « Patrick Cesari était là ! Il a attendu qu'Éric Ciotti arrive pour le saluer, puis il est reparti », raconte-t-il, avant de lancer : « Il a le RN honteux ! »

Pour l'opposant, le maire prépare le terrain en vue des élections départementales de 2028, où il pourrait briguer un nouveau mandat. « C'est un animal politique brillant dans le retournement de veste. Il a toujours su bien se placer, en toute discrétion », estime-t-il. Guillaume Contesse se projette déjà plus loin : « Tout ça va nous mener au soutien de Marine Le Pen en 2027, et je serais ravi d'aller tracter avec lui ! »

Chez LR, des interrogations sur son positionnement

Chez Les Républicains (LR), les apparitions publiques de Patrick Cesari aux côtés d'Éric Ciotti sont également observées de près. « On l'a vu s'afficher plusieurs fois avec lui », explique un cadre local du parti, qui révèle que le maire n'était pas présent lorsque la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone a réuni les grands électeurs de Roquebrune. Selon cette même source, Patrick Cesari n'aurait plus sa carte chez les LR, n'étant plus à jour de cotisation en 2026. Toujours d'après lui, le maire semble n'avoir donné aucune consigne de vote à son équipe pour les sénatoriales, veillant à ne pas trop politiser sa majorité.

Un autre proche des Républicains estime que le maire aurait eu intérêt à clarifier son positionnement plus tôt. « Patrick Cesari est de plus en plus cerné par l'UDR. Son binôme au Département [Gabrielle Bineau] et son premier adjoint [Dominique Nicolaï] sont encartés. Ce n'est qu'une question de temps pour Cesari… Par respect pour ses électeurs, il aurait dû se déclarer bien plus tôt. Il aurait sûrement obtenu encore plus de voix ! », avance-t-il.

« Je ne suis pas UDR » mais « l'idée fait son chemin »

Face à ces interrogations, Patrick Cesari récuse l'idée d'un rapprochement politique récent avec Éric Ciotti. « Je n'ai pas varié d'un point à l'autre », assure-t-il, avant de rappeler que les deux hommes travaillent ensemble depuis plus de 25 ans. Le maire met en avant les projets réalisés avec le soutien de l'ancien président du Département : le parc naturel départemental, le futur centre de secours secondaire des pompiers ou encore plusieurs aménagements routiers, dont les carrefours des Quatre-Chemins et de Rivabella. « Ce sont des réalisations qui structurent la vie locale et que je dois au soutien et à la volonté politique d'Éric Ciotti. Quand j'ai su que, en tant que président UDR, il avait une liste pour les sénatoriales, je lui ai dit que je le soutiendrais. Cela me paraissait normal. »

Le maire distingue ainsi sa fidélité à un homme de toute adhésion à son mouvement. « Pour l'instant, je parle d'Éric Ciotti, je ne suis pas UDR. Même si, pour certains, je le dis sans difficulté, l'idée peut faire son chemin et je peux, demain, devenir UDR. » Une nuance importante, alors que l'UDR est alliée au Rassemblement national. Sur ce point, Patrick Cesari se montre catégorique : « Il n'y a pas de rapprochement avec le RN. » Il défend plutôt une conception territoriale des relations politiques, estimant que Roquebrune et Menton, dont la maire est issue du RN, ont tout intérêt à travailler ensemble. « Il n'y a aucun intérêt à se regarder en ayant à l'esprit une rivalité mais en essayant de trouver des solutions pour le territoire », explique-t-il.