Rima Hassan, eurodéputée LFI, en roue libre sur X : antisémitisme et propos incendiaires
Rima Hassan, eurodéputée LFI, en roue libre sur X

La dérive verbale inquiétante de l'eurodéputée LFI Rima Hassan sur les réseaux sociaux

Suivre l'activité de Rima Hassan sur le réseau social X ces derniers jours constitue une expérience dérangeante, voire choquante, pour les internautes les moins aguerris. L'eurodéputée La France Insoumise, propulsée sur le devant de la scène par Jean-Luc Mélenchon lors des dernières élections européennes avec un soutien particulièrement appuyé, semble avoir totalement perdu le contrôle de ses publications.

Une succession de déclarations incendiaires et antisémites

Rien ne semble pouvoir freiner l'élue dans sa production de contenus polémiques. Ni les sous-entendus antisémites à peine voilés, ni les remarques déplacées concernant Quentin D., ce jeune militant nationaliste lynché à mort en marge d'une conférence qu'elle donnait à Sciences Po Lyon le jeudi 12 février dernier. Énumérer l'ensemble de ses sorties récentes relèverait d'un exercice fastidieux, tant elles sont nombreuses et marquées par une obsession anti-israélienne persistante et une absence totale de condamnation claire des attaques terroristes du 7 octobre 2023.

Pour se limiter à quelques exemples récents, Rima Hassan a proclamé le 23 décembre 2025 : « La libération pour les Palestiniens et les Palestiniennes se fera de la mer au Jourdain », reprenant ainsi le slogan des partisans les plus radicaux de la disparition de l'État d'Israël. Le florilège se poursuit avec une intensité telle qu'il devient impossible de citer toutes les saillies de l'eurodéputée.

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La résurgence de poncifs antisémites éculés

La majorité de ses publications reprennent pourtant les poncifs antisémites les plus éculés. Le 5 février 2026, l'élue LFI écrit sans ambages : « Aux sionistes qui me lisent je veux leur dire vous êtes pour nous ce que les nazis étaient pour vous. Et ça vous suivra et hantera jusqu'à la fin des temps, jusqu'à la dernière goutte de sang, nous résisterons ».

Rima Hassan, pourtant présentée comme une femme cultivée, ne peut ignorer que ce sont les Juifs, et non les sionistes, que les nazis ont persécutés et exterminés. Elle sait probablement aussi que cette confusion volontaire, sous forme d'assimilation dangereuse, figurait depuis longtemps au répertoire des extrémistes les plus radicaux. La veille, elle avait d'ailleurs partagé et commenté une photographie de Jeffrey Epstein arborant un pull « Israel defense forces », laissant à ses plus de 400 000 abonnés le soin d'en tirer les conclusions les plus nauséabondes.

L'obsession anti-israélienne permanente

Cette fixation ne la quitte jamais. Le 12 février, avant de se rendre à Sciences Po Lyon pour sa conférence, elle s'en prend cette fois au Conseil représentatif des institutions juives de France : « Le Crif est un lobby au service d'Israël et à ce titre il travaille à museler les voix qui s'expriment sur le génocide ». L'expression « lobby juif », jusque-là absente de son registre lexical déjà bien fourni en provocations, fait ainsi son apparition.

L'élue LFI n'hésite pas non plus à assaisonner ses obsessions d'une généreuse pincée de complotisme. Selon elle, la médiatisation de la montée des actes antisémites en France servirait à masquer celle, supposée plus importante, des actes antimusulmans.

La minimisation scandaleuse du drame de Lyon

C'est pourtant après le lynchage mortel de Quentin D., survenu à proximité immédiate de son lieu de conférence, que Rima Hassan donne le pire d'elle-même. Dans un premier temps, elle publie un bref message de condoléances et condamne formellement le lynchage. Mais cette apparente retenue ne sert en réalité qu'à mieux se dédouaner dans les heures qui suivent.

Elle affirme n'y être pour rien, soulignant que le jeune homme a été retrouvé mort dans un arrondissement différent de celui où elle officiait. Puis elle republie un visuel affirmant que l'extrême droite a tué onze personnes depuis 2022, laissant planer une insinuation atroce : onze morts d'un côté, un seul de l'autre, pas de quoi en faire une tragédie.

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La thèse du complot et les démentis des autorités

Émerge ensuite la thèse du complot : « Pour quelle raison aucune présence policière visible n'a été déployée ? » aux abords de sa conférence, s'interroge-t-elle le lundi matin suivant les faits. Bref, à qui la faute finalement : à l'ultra-gauche ou aux forces de l'ordre ? Le plus consternant survient quelques heures plus tard, lorsqu'elle partage le script d'un sujet de France Info dans lequel des riverains expliquent que Quentin D., après son agression, ne voulait pas se rendre à l'hôpital. L'insinuation devient alors atrocement limpide.

Malheureusement pour Rima Hassan, le procureur de la République, lors de la conférence de presse qu'il a donnée le lundi après-midi, a formellement démenti ces allégations en soulignant que les lésions à la tête présentées par la victime étaient « au-delà de toute ressource thérapeutique, et mortelles à brève échéance », ce qui l'a conduit à ouvrir une enquête criminelle pour homicide involontaire.

Les limites du « charme clivant » en période de tourmente

À l'heure où La France Insoumise traverse une période de turbulences internes, le « charme clivant » de Rima Hassan pourrait rapidement trouver ses limites. S'il subsiste encore quelques bribes de respect à l'égard de l'eurodéputée, celles-ci devraient normalement l'inciter à adopter une attitude qu'elle semble n'avoir jamais expérimentée : la retenue et la mesure dans ses prises de parole publiques.

La dérive verbale de Rima Hassan sur les réseaux sociaux pose des questions fondamentales sur les limites de la liberté d'expression pour les élus, sur la responsabilité politique face à des propos incendiaires, et sur l'impact de telles déclarations dans un contexte social déjà tendu par les tensions communautaires et les fractures politiques.