Rima Hassan en garde à vue : les mensonges de Jean-Luc Mélenchon sur l'immunité parlementaire
Rima Hassan en garde à vue : les mensonges de Mélenchon

Rima Hassan en garde à vue : l'offensive mensongère de Jean-Luc Mélenchon

Dans la nuit du jeudi 2 avril, Jean-Luc Mélenchon a publié un message sur X annonçant « Rima Hassan libérée », laissant entendre que l'eurodéputée insoumise avait été emprisonnée. En réalité, Rima Hassan avait été placée en garde à vue plus tôt dans la journée pour « apologie du terrorisme commise en ligne », répondant à une convocation de la police judiciaire. Elle sera jugée devant le tribunal correctionnel le 7 juillet prochain pour ce même motif.

Un message controversé sur les réseaux sociaux

La procédure fait suite à un message publié fin mars sur le réseau social X, depuis effacé, dans lequel Rima Hassan reprenait les propos du terroriste japonais Kozo Okamoto. Ce dernier était le seul survivant d'un attentat perpétré en 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv au nom du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), un massacre qui avait causé la mort de 26 personnes.

Plutôt que d'embarrasser Jean-Luc Mélenchon, cette actualité lui a fourni l'occasion de décrire une France qui n'existe pas, de dénoncer une prétendue dictature et de renverser la mécanique victimaire au profit de son camp politique.

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Le spectre d'une « police politique » inexistante

L'offensive a commencé sur X ce jeudi à 14 h 35 avec un message affirmant : « La police politique a convoqué une fois de plus Rima Hassan en garde à vue. Il n'y a donc plus d'immunité parlementaire en France. Insupportable. »

Ces affirmations sont factuellement erronées à plusieurs niveaux :

  • Il n'existe aucune police politique en France, contrairement à certains régimes autoritaires
  • Si les autorités demandent « une fois de plus » des comptes à Rima Hassan, c'est parce qu'elle a « une fois de plus » flirté avec les limites de la loi
  • Les juges statueront en juillet sur sa culpabilité éventuelle, comme dans toute démocratie

La réalité de l'immunité parlementaire

L'affirmation selon laquelle il n'y aurait plus d'immunité parlementaire en France témoigne d'une méconnaissance volontaire des règles. Jean-Luc Mélenchon, qui a siégé au Sénat et à l'Assemblée nationale, ne peut ignorer les dispositions applicables.

L'article 8 du protocole n°7 sur les privilèges et immunités de l'Union européenne stipule que les eurodéputés « ne peuvent être recherchés, détenus ou poursuivis en raison des opinions ou votes émis par eux dans l'exercice de leurs fonctions ». Ce n'est pas le cas de Rima Hassan dont les propos incriminés n'étaient pas liés à l'exercice de ses fonctions.

L'article 9 précise que pendant la durée des sessions, les eurodéputés bénéficient « sur leur territoire national, des immunités reconnues aux membres du parlement de leur pays ». Or, l'immunité ne s'applique pas en cas de flagrance, comme l'a démontré la procédure concernant le sénateur Joël Guerriau poursuivi pour avoir drogué la députée Sandrine Josso.

Une stratégie de victimisation systématique

Une deuxième salve est envoyée sur X à 21 h 06, comparant la garde à vue de Rima Hassan au prétendu « traquenard » de Lyon. Le message tente d'installer l'idée que le lynchage de Quentin Deranque résultait d'un piège policier tendu aux « antifas », une tentative classique de renversement de la culpabilité.

Le même post dénonce des « pseudo-infos à propos d'un produit légal sans rapport avec “la drogue” », alors que le parquet a confirmé la présence de substances illicites dans le sac de la gardée à vue. « Sommes-nous encore en démocratie en France ? » interroge Jean-Luc Mélenchon, révélant le véritable objectif de la manœuvre.

Le bouquet final des mensonges

À 0 h 56, sous le titre « Rima Hassan libérée », Jean-Luc Mélenchon suggère que la garde à vue résulterait de la dénonciation d'un député RN. Là encore, il s'agit d'une affirmation trompeuse : un député RN avait effectué un signalement (et non une « dénonciation »), mais il n'était pas le seul.

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Le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, l'Organisation juive européenne (OJE) et la Licra avaient également saisi la justice concernant les propos de Rima Hassan. Jean-Luc Mélenchon, qui se présente comme un être pétri de culture, ne devrait pas ignorer une règle élémentaire : le mensonge reste un vilain défaut, surtout lorsqu'il vise à manipuler l'opinion publique sur des sujets aussi graves que l'apologie du terrorisme.