Rima Hassan, eurodéputée LFI, cumule 23 plaintes en moins de deux ans de mandat
Rima Hassan, 23 plaintes en moins de deux ans de mandat

Rima Hassan, une eurodéputée LFI sous le feu des plaintes judiciaires

En moins de deux ans de mandat, Rima Hassan, élue députée européenne sur la liste La France Insoumise en juin 2024, a accumulé un total de 23 plaintes ou signalements. Âgée de 34 ans cette année, elle fait face à des accusations variées allant des injures et diffamations à l'apologie du terrorisme, avec plus d'une plainte par mois en moyenne.

Des propos incendiaires visant des élus

Dès février 2026, elle qualifiait le sénateur LR Laurent Duplomb d'« ordure », l'accusant d'avoir « pris des lobbys de l'agro-industrie ». En mai 2025, elle traitait le président du Sénat Gérard Larcher de « crapule ». Puis en juillet 2024, elle s'en prenait à l'eurodéputé LR François-Xavier Bellamy sur X, écrivant : « la lâcheté qui vous anime ici est la même que celle qui est dans votre regard vide et fuyant quand je vous croise dans les couloirs du Parlement européen. Tremblez. Ce n'est que le début ».

Ces trois élus ont porté plainte contre elle, mais ils ne sont ni les premiers, ni les derniers à le faire.

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Six plaintes en cours d'examen

Sur les 23 plaintes, 16 ont été clôturées par le pôle national de lutte contre la haine en ligne, les infractions étant jugées insuffisamment caractérisées. La plupart concernaient des messages sur les réseaux sociaux, perçus par certaines associations comme des apologies du terrorisme palestinien teintées d'antisémitisme.

Néanmoins, six plaintes restaient en cours d'examen mi-mars. Rima Hassan en a ajouté une septième le 26 mars en reproduisant sur son compte X un message de Kozo Okamoto : « J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. »

La citation controversée de Kozo Okamoto

Âgé de 79 ans, Kozo Okamoto est un membre de l'Armée rouge japonaise qui a participé à un attentat terroriste à l'aéroport David Ben Gourion de Tel-Aviv le 30 mai 1972, faisant 24 morts et 80 blessés. Seul survivant du commando, condamné à la prison à vie puis libéré en 1985, il n'a jamais exprimé de regrets.

En citant ses propos, Rima Hassan envoie un message effroyable aux militants de la cause palestinienne, semblant légitimer la violence. L'Organisation juive européenne et la LICRA ont saisi le parquet de Paris, et Rima Hassan a été placée en garde à vue le 2 avril pour s'expliquer sur ces déclarations.

Un manque de sang-froid politique

Dans son audition devant la commission d'information parlementaire sur les liens entre politiques et islamistes, le politologue Laurent Bonnefoy envisageait une stratégie derrière les énormités de Rima Hassan. Selon lui, ses propos permettraient de mobiliser une clientèle électorale, notamment dans les cités.

Pourtant, d'autres indices suggèrent un manque de mesure. Le 2 avril, elle s'est présentée au commissariat avec un cachet de drogue de synthèse interdite dans son sac. Sa fureur contre François-Xavier Bellamy a été provoquée par une simple manœuvre parlementaire, montrant une difficulté à gérer l'opposition.

Des gaffes diplomatiques en série

À l'été 2025, en quatre jours, elle a réussi à irriter à la fois les réseaux sociaux marocains et algériens. Le 17 août, elle poste une carte montrant le Maroc séparé du Sahara occidental par une frontière nette, alors que le royaume revendique cette zone. Le 20 août, en tentant de se rattraper, elle vexe les Algériens en déclarant que ce territoire ne peut être comparé à la Palestine.

En mars 2024, sa visite mise en scène dans le quartier de Neirab, en banlieue d'Alep, l'a fait comparer par le militant franco-syrien Firas Kontar à « une influenceuse de voyage » faisant la « promotion de la Syrie d'Assad ».

Une expérience politique limitée

Dépourvue d'expérience politique avant son élection, Rima Hassan est passée sans transition du statut d'ambassadrice de L'Oréal à celui d'égérie Insoumise de la jeunesse anticapitaliste propalestinienne. Très active sur les réseaux sociaux, elle évite les débats contradictoires, préférant des conférences devant des étudiants déjà convaincus.

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En s'attaquant à Laurent Duplomb, elle est sortie de son domaine de compétence affiché, la Palestine, avec des résultats désastreux. Elle écrivait sur X le 4 février 2026 : « Dans une démocratie qui va bien sa place est en prison », au motif que 1,8 million de Français avaient signé une pétition contre son texte.

Une comparution imminente

Rima Hassan comparaîtra le 7 juillet devant le tribunal correctionnel de Paris pour « apologie du terrorisme ». Contactée, elle n'a pas répondu aux sollicitations. Le Conseil d'État ayant émis un avis « globalement positif » sur la loi Duplomb le 2 avril, ses accusations semblent de plus en plus fragiles.

Son parcours illustre les défis d'une nouvelle génération d'élus dont l'influence repose largement sur les réseaux sociaux, mais dont les excès verbaux peuvent avoir des conséquences judiciaires sérieuses.