Les conseillers régionaux gardois d'Occitanie ont présenté leurs engagements de rentrée lors d'une conférence de presse tenue au Centre d'art contemporain de Nîmes, dans le quartier de Pissevin. Ils ont notamment annoncé le maintien du budget culture à 3 % du budget de fonctionnement régional, malgré une baisse des dotations de l'État de 500 M€ sur trois ans, ainsi qu'une politique accélérée en faveur du vélo dans les lycées, dont celui de Sommières.
Une conférence de presse au cœur de Pissevin
Le choix du lieu n'est pas anodin : le Centre d'art contemporain de Nîmes, situé à Pissevin, est le seul labellisé dans un quartier prioritaire sur toute la région, comme l'a précisé Anthony Alarcon, conseiller régional de la Cèze. C'est dans ces locaux que les élus gardois ont détaillé leurs priorités pour la rentrée, en mettant l'accent sur la culture, l'éducation, les mobilités, la santé et l'économie.
Un budget culture sanctuarisé à 3 %
Face à la diminution des dotations de l'État à la Région, « de 500 M€ en trois ans, soit un septième de notre budget culture », a expliqué le conseiller régional caveiracois, l'équipe en place a pris l'engagement de sanctuariser le budget culture en le maintenant à 3 % du budget de fonctionnement régional. Cette décision vise à préserver l'offre culturelle sur l'ensemble du territoire, malgré un contexte budgétaire contraint.
Une rentrée « la moins chère de France »
Fabrice Verdier, conseiller régional, a rappelé les engagements de la Région en matière de scolarité pour les lycées du Gard, qui comptent 21 établissements publics et 17 privés. « Avec 74 M€ mobilisés pour le pouvoir d'achat des 21 000 lycéens de la région et de leur famille, la rentrée en Occitanie reste toujours la moins chère de France », a-t-il souligné. Il a également mentionné l'effort réalisé sur l'ordinateur portable, livré gratuitement à 6 400 élèves cette année dans le Gard, avec un accent particulier sur les programmes destinés aux élèves dyslexiques et dyspraxiques.
Une politique vélo renforcée dans les lycées
Jean-Luc Gibelin, vice-président chargé des mobilités, a rappelé les succès des liaisons estivales Nîmes-mer et Nîmes-rivière, l'inauguration du premier train à batterie, ainsi que la gratuité, pour la troisième année consécutive, des transports scolaires sur les lignes Lio. Parmi les nouveautés de cette rentrée, une politique accélérée en faveur du vélo a été annoncée, avec des prêts de vélos dans huit lycées d'Occitanie. Dans le Gard, le lycée Lucie-Aubrac de Sommières est concerné, avec pas moins de 30 vélos prêtés. Des aides à l'acquisition de vélos pour les élèves boursiers ont également été mises en place.
Adapter les lycées au réchauffement climatique
Aurélie Génolher, conseillère régionale de la Cévenne, s'est exprimée sur l'adaptation des lycées au réchauffement climatique. Une cartographie de la vulnérabilité thermique a été lancée auprès des chefs d'établissement, et 10 M€ seront débloqués en 2027 pour installer des brasseurs d'air, améliorer l'isolation thermique, etc., en fonction de cette cartographie. Elle a noté que depuis 2016, 300 M€ ont été investis au niveau régional pour améliorer les performances énergétiques des bâtiments et développer les énergies renouvelables.
Lutte contre le protoxyde d'azote et les discriminations
Les élus ont également développé des actions de lutte contre le protoxyde d'azote, contre les discriminations, et notamment un plan régional de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Ces mesures visent à renforcer la cohésion sociale et à protéger les jeunes sur l'ensemble du territoire régional.
Formation et enseignement supérieur : des enjeux majeurs
Julie Delalonde, conseillère régionale, a évoqué deux sujets sensibles. « Nous voulons lutter contre l'autocensure et les déterminismes sociaux », a-t-elle déclaré, alors que « 40 % des jeunes d'Occitanie ont renoncé à une formation car elle était trop loin de chez eux ». Elle a notamment tiré la sonnette d'alarme sur la situation « alarmante » du secteur de la formation suite aux coupes budgétaires nationales. Elle a également souligné la bonne dynamique de l'enseignement supérieur : « Le pôle Nîmes Alès compte 15 000 étudiants et 520 formations post-bac. À Nîmes université, le cap des 6 000 étudiants a été franchi cette rentrée, dont 1 700 en première année. »
Santé : un centre de santé au Mas de Mingue et un IFMK
Côté santé, Julie Delalonde a annoncé l'ouverture prochaine d'un nouveau centre de santé au Mas de Mingue, une zone de désert médical, en partenariat avec la Ville. Elle a par ailleurs confirmé le projet d'institut de formation en masso-kinésithérapie (IFMK) porté par le CHU de Nîmes. Ces initiatives visent à améliorer l'accès aux soins et à la formation dans le département.
Économie : accompagner l'économie de demain
Pour l'économie, l'Alésien Jalil Benabdillah a rappelé que la Région avait accompagné 900 entreprises, dans un paysage économique très contrasté, avec notamment une progression de 16,5 % des défaillances d'entreprises en région. « Notre responsabilité majeure, c'est d'accompagner l'économie de demain », a-t-il insisté, notamment dans les secteurs de la décarbonation, de l'aéronautique et du spatial. Il a évoqué l'idée de faire revenir une agence de développement économique sur le territoire nîmois. Une décision qui incombera à l'Agglo de Nîmes, mais qui, si elle était validée, se ferait en partenariat avec la Région.



