Rema niement ministériel : un simple « ajustement » selon Lecornu pour préserver la stabilité
Rema niement : un « ajustement » pour préserver la stabilité

Un ajustement ministériel annoncé par le Premier ministre

Le week-end dernier, Sébastien Lecornu a annoncé dans la presse régionale un prochain remaniement ministériel, qu'il qualifie prudemment d'« ajustement ». Le Premier ministre a insisté sur la volonté des Français et des administrations de bénéficier d'une certaine stabilité, après les nombreux changements gouvernementaux survenus depuis la dernière élection présidentielle et la dissolution de juin 2024.

Cette annonce vise à minimiser la portée des modifications à venir au sein de l'exécutif, chaque mot étant pesé pour éviter toute impression d'instabilité.

Deux départs notables au gouvernement

Deux ministres de premier plan sont sur le point de quitter leurs fonctions. Rachida Dati abandonne le portefeuille de la Culture pour se consacrer entièrement à sa campagne électorale à Paris. De son côté, Amélie de Montchalin quitte les Comptes publics pour rejoindre la Cour des comptes, où elle occupera le poste de première présidente à partir du 23 février.

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Ce calendrier est opportun, car ces changements doivent être finalisés avant le 22 février, date du début de la période de réserve des élections municipales.

Le défi de la parité gouvernementale

Une difficulté majeure se présente cependant. Outre la procrastination habituelle d'Emmanuel Macron, qui devra cette fois agir rapidement, il est impensable que cet ajustement compromette la parité au sein du gouvernement. Les deux ministres sortantes étant des femmes, leurs remplaçants devront également être des femmes, sous peine de nécessiter des modifications plus substantielles pour rétablir l'équilibre.

Le cas emblématique des Comptes publics

Le ministère des Comptes publics illustre parfaitement ce dilemme. Nommer un homme pour succéder à Amélie de Montchalin donnerait à Bercy une coloration très masculine, avec seulement une ministre, Anne Le Henanff, dont la visibilité reste limitée.

Parmi les noms évoqués pour ce poste figurent David Amiel, actuellement ministre délégué auprès d'Amélie de Montchalin, Philippe Juvin, rapporteur LR du budget à l'Assemblée nationale, et Mathieu Lefèvre, ancien pilier de la commission des Finances et pressenti pour devenir ministre du Budget.

Mathieu Lefèvre présente l'avantage d'être déjà membre du gouvernement en tant que ministre délégué chargé de la Transition écologique. Il suffirait alors de nommer une femme à ce poste pour préserver la parité.

L'équilibre des postes régaliens

L'ajustement promis, bien que raisonnable, pourrait prendre un peu d'ampleur. La Transition écologique deviendrait ainsi exclusivement féminine, avec Monique Barbut comme ministre de plein exercice, Catherine Chabaud comme déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, et une troisième collègue.

En termes d'image, Emmanuel Macron s'exposerait à des critiques s'il reléguait les femmes à des postes non régaliens. Bien qu'il ait nommé Catherine Vautrin aux Armées, il n'a pas, contrairement à Nicolas Sarkozy avec Christine Lagarde, placé une femme à la tête de Bercy.

Alors que Sébastien Lecornu multiplie les signaux pour montrer qu'une vie de réformes est possible après l'épisode budgétaire interminable, il est crucial que cet ajustement ne se transforme pas en un jeu de chaises musicales. Il doit avoir lieu rapidement, « quoi qu'il en coûte », pour permettre au gouvernement de se concentrer sur les priorités.

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