Un prêt ancien resurgit et interpelle les autorités de contrôle
En cette fin d'année 2025, ce ne sont pas des fantômes classiques qui hantent les couloirs du Parti socialiste, mais bien des lignes d'un tableur Excel. Parmi elles, une mention attire particulièrement l'attention : « FD13 – Prêt d'honneur, 92 865 euros, 01/07/1999 ». Ce prêt, accordé par la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône et toujours impayé vingt-six ans plus tard, a refait surface lors d'un contrôle approfondi du gendarme des financements politiques.
Un contrôle renforcé sur les ressources des partis
Depuis trois ans, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) intensifie son examen de ce type de ressources. Dans son analyse complète des comptes des partis, publiée mardi 10 février, elle souligne que ces prêts peuvent, sous certaines conditions, constituer un financement illicite des campagnes électorales. Toutefois, dans le cas présent, c'est une situation inverse qui a été constatée.
En étudiant la convention de prêt, la CNCCFP a découvert que son objet était de verser une somme correspondant à celle due par François Bernardini, alors dirigeant de la fédération des Bouches-du-Rhône, au Trésor public. Le remboursement à la fédération était conditionné à un « retour à meilleure fortune de son bénéficiaire », une justification pour le moins atypique qui a suscité l'étonnement des contrôleurs.
Des questions sur l'utilisation des fonds politiques
Dans son langage mesuré, la Commission a exprimé ses réserves : « La passation d'un tel contrat pose la question de l'utilisation des fonds à des fins étrangères à l'objet d'un parti politique. » Elle a ajouté qu'elle serait particulièrement attentive au remboursement effectif de ce prêt, soulignant ainsi les enjeux de transparence et de régularité dans la gestion des finances des formations politiques.
Cette affaire met en lumière les défis persistants du contrôle des financements politiques, notamment lorsque des opérations anciennes refont surface des décennies plus tard. Elle rappelle également l'importance d'une vigilance accrue pour préserver l'intégrité des processus démocratiques.