Une vingtaine d'élus et de personnalités de la société civile d'Occitanie, réunis autour de Patrice Canayer et Jalil Benabdillah, ont annoncé leur soutien à Raphaël Glucksmann pour l'élection présidentielle de 2027, avec l'objectif affiché d'empêcher un second tour opposant le Rassemblement national à La France insoumise.
Un soutien affiché pour éviter un duel RN-LFI
Ces élus, qui revendiquent leur absence d'étiquette politique, expliquent leur choix par la volonté de faire barrage aux "extrêmes". Patrice Canayer, conseiller régional et ancien entraîneur du Montpellier Handball, résume leur position : "C'est le refus de se résoudre à voir deux partis extrêmes, LFI et le RN, prendre trop d'importance."
Parmi les soutiens figurent les maires de Clermont-l'Hérault Gérard Bessière et de Gignac Jean-François Soto, une viticultrice, des chefs d'entreprise, ainsi que le médecin et patron du Samu 31 Vincent Bounes. Beaucoup insistent sur la capacité de Glucksmann à faire entendre la voix de la ruralité et de ceux qui se sentent éloignés de la politique.
Un positionnement pro-européen et international
Le choix du député européen est surtout motivé par son positionnement pro-européen et international. "Dans un monde fracturé, face à des Trump ou des Poutine, il est le plus à même de répondre aux grands enjeux internationaux", estime Canayer, qui assure ne pas vouloir participer à une entreprise de "refondation de la gauche, mais bien celle de refonder notre pays".
Marie-Thérèse Mercier, cheffe d'entreprise, dit échanger avec des dirigeants qui rechignent à s'engager mais "qui ont peur de voir LFI et le RN s'affronter au second tour".
Un réseau qui veut peser dans le débat
Ces élus préviennent qu'ils ne soutiendront pas ceux qui défendraient une alliance avec Jean-Luc Mélenchon et LFI. En cas de duel Le Pen-Mélenchon, "chacun votera en conscience, mais aucune voix n'ira au Rassemblement national", répond Jalil Benabdillah, vice-président de la Région chargé de l'Économie.
Derrière Glucksmann, ils cherchent aussi à construire leur propre espace politique. "On sait que l'on représente beaucoup de monde", prévient Patrice Canayer. Reste à savoir si cette mobilisation de personnalités sans étiquette parviendra à se transformer en force politique, sous la forme d'un groupe de réflexion à créer, avec l'ambition de rassembler cette majorité silencieuse qu'ils jugent inquiète et d'éviter un scénario redouté en 2027.