À trois semaines du premier tour de la primaire social-démocrate, Ségolène Royal a vivement critiqué son adversaire Raphaël Glucksmann, le qualifiant de « stagiaire » et lui reprochant une « méconnaissance du peuple ». Ces attaques, jugées personnelles, ont provoqué une mise au point de la commission d'organisation de la primaire.
Royal : « On ne met pas un stagiaire à la tête d'une entreprise »
Dans une interview accordée à Libération, l'ancienne ministre socialiste a estimé que l'élection de l'eurodéputé reviendrait à « mettre un stagiaire à la tête d'une entreprise ». Elle a justifié sa position en déclarant : « Pour diriger un pays, il faut déjà avoir un métier. Ou avoir dirigé ne serait-ce qu'une collectivité locale ou une structure étatique et obtenu des résultats concrets positifs. »
Interrogée sur ce qui la distingue de Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal a mis en avant son « expérience » : « Femme socialiste, j'ai fait mes preuves dans l'exercice difficile du commandement démocratique local, national et international. » Elle a également critiqué le bilan d'Emmanuel Macron, affirmant que « les Français veulent des responsables expérimentés qui ont des bilans positifs. Ils ne veulent pas recommencer comme avec Macron et sa méconnaissance du peuple et du pays profond, qui nous a menés à tant de brutalités, tant de mépris et au déclin ».
Une primaire à six semaines du scrutin
Ancienne candidate du PS à la présidentielle de 2007, battue au second tour par Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal concourt dans cette primaire face à Raphaël Glucksmann, au patron du PS Olivier Faure, au député PS Jérôme Guedj et au patron du petit parti Gauche républicaine et socialiste (GRS) Emmanuel Maurel. Le premier tour est prévu les 9 et 10 octobre.
Mme Royal a présenté sa vision pour la France, qu'elle veut « tranquille, sans brutalité ni cynisme, donc sans mouvements sociaux désespérés parce qu'ils auront été gérés avant, avec écoute, sagesse et humilité ». Elle a également opposé deux « lignes politiques » : la sienne, « mitterrandiste », consistant à « rassembler son camp » au premier tour puis à « élargir » au second, et une autre qui irait « grappiller au centre et à droite » ou s'allier avec le candidat macroniste. Selon elle, cette seconde option signifierait « la disparition » du PS et l'avènement du RN.
La commission rappelle à l'ordre l'ex-ministre
Ces déclarations n'ont pas manqué de faire réagir. Patrick Mennucci, président de la commission d'organisation de la primaire socialiste, a rappelé à Ségolène Royal son engagement : « La commission d'organisation de la primaire rappelle à Ségolène Royal l'engagement qu'elle a signé d'une charte qui lui impose un comportement éthique et lui interdit les attaques personnelles. » Il a dénoncé des « attaques contre l'un des candidats de la primaire, Raphaël Glucksmann, [qui] dépassent le simple cadre politique pour se porter sur des appréciations des moqueries inadmissibles sur sa personne ». Il a réclamé « fermement » que l'ex-ministre « se conforme à un esprit de camaraderie ».



