Primaire à gauche : un premier débat sous tension sur LFI, l'Ukraine et Gaza
Primaire gauche : débat tendu sur LFI, Ukraine, Gaza

Mercredi 23 septembre, les cinq candidats à la primaire de l'espace social-démocrate ont participé à un premier débat télévisé sur LCI, d'une durée de plus de trois heures. Les échanges ont été marqués par des affrontements sur une éventuelle alliance avec La France insoumise (LFI) aux législatives, ainsi que par des tensions vives autour des guerres en Ukraine et à Gaza. Ségolène Royal s'est retrouvée isolée, critiquée par Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj après ses propos sur la Russie et la situation des Juifs.

Un débat houleux sur une alliance avec LFI

La question d'un rapprochement avec LFI a immédiatement divisé les candidats. Olivier Faure, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel ont refusé d'exclure une alliance avec les insoumis lors des prochaines législatives. À l'inverse, Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj ont fermement dénoncé cette position.

Jérôme Guedj a directement reproché à Olivier Faure son alliance avec LFI lors des législatives anticipées de 2024. « La godille, c'est bon pour le ski, pas pour la gauche », a-t-il lancé, ajoutant qu'il se « fichait de la survie d'un groupe socialiste » à l'Assemblée. « Vous glissez dans la soumission à La France insoumise », a-t-il déploré. Ségolène Royal a répliqué : « Pas d'insulte ! » avant d'ajouter : « Si vous ne voulez pas faire d'alliance avec la gauche, vous voulez la faire avec la droite. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Olivier Faure a répondu : « Arrêtons de cracher sur le reste de la gauche ! Si vous dites aux électeurs insoumis qu'ils sentent mauvais, ils ne viendront jamais ! » Il a appelé à s'occuper de l'extrême droite « qui pour la première fois depuis Vichy, effectivement, peut l'emporter ». Emmanuel Maurel a également plaidé pour un rassemblement à gauche, estimant que « si par malheur Marine Le Pen arrive à l'Élysée », il faudra « se rassembler ».

Raphaël Glucksmann a toutefois averti : « Pour battre l'extrême droite, y compris aux législatives, si vous arrivez avec une alliance avec LFI, vous perdez », jugeant que Jean-Luc Mélenchon « fait trop peur à trop de monde ».

L'Ukraine et Gaza au cœur des tensions

Avant ces échanges, les sujets de l'Ukraine et du conflit israélo-palestinien ont également provoqué des passes d'armes. Ségolène Royal, qui avait qualifié Raphaël Glucksmann de « stagiaire » ces derniers jours, a défendu l'idée de négocier avec la Russie. Elle a estimé qu'il fallait « aider l'Ukraine à obtenir une paix juste et durable », mais a déploré que « certains nous disent qu'on n'a pas le droit de parler de paix, sinon on est traité de poutinolâtre ».

Raphaël Glucksmann a répliqué que Poutine « n'a aucune intention de négocier » avec les Européens, appelant au contraire à « aider les Ukrainiens parce que c'est notre première ligne de défense ». Ségolène Royal, qui avait mis en doute certains massacres en 2022 avant de s'excuser, a réfuté les accusations de complaisance envers le Kremlin.

Elle a également dû se défendre après avoir déclaré que « la montée de l'antisémitisme n'est pas due à Israël » mais « aux actuels dirigeants » du pays, et qu'il faudrait « plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe » à Gaza « est intolérable ». Jérôme Guedj a qualifié cette injonction d'« incroyable », dénonçant le fait de « dire que c'est aux Juifs de se justifier du gouvernement israélien, c'est essentialiser le conflit ». Raphaël Glucksmann a renchéri : « C'est avec ce type de discours qu'à la fin on se retrouve avec un père et ses enfants qui marchent dans la rue et qui se font traiter de génocidaires juste parce qu'ils ont une kippa ».

Olivier Faure a plaidé pour que le mot « génocide » soit utilisé pour décrire la situation à Gaza, une position que refuse Raphaël Glucksmann.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Un premier tour les 9 et 10 octobre, sans Philippe Brun

Les militants désigneront l'un des cinq candidats comme représentant de la gauche social-démocrate à la présidentielle lors des votes des 9-10 et 16-17 octobre. Cependant, le député Philippe Brun ne participera pas à la primaire. La justice a rejeté à deux reprises mercredi sa demande de réintégration. Le député de l'Eure, qui avait obtenu ses parrainages, a été suspendu la semaine dernière à titre conservatoire du Parti socialiste après des accusations de violence contre une ancienne collaboratrice, qu'il conteste.

Ce débat était le premier des trois prévus pour cette primaire, destinés à attirer le grand public et à élargir le corps électoral. Les organisateurs espèrent au moins 100 000 votants, un chiffre loin des 2,6 à 2,8 millions d'électeurs de la primaire de 2012 qui avait conduit à la victoire de François Hollande.