Nice : un jeu de chaises musicales se profile au conseil municipal
Nice : un jeu de chaises musicales se profile

Le tribunal administratif de Nice a examiné, mardi 6 octobre 2026, trois recours contre le résultat des élections municipales de mars dernier. La décision, attendue vendredi 9 octobre, pourrait entraîner un jeu de chaises musicales au conseil municipal et à la Métropole Nice Côte d’Azur. Si le juge suit les conclusions de la rapporteur public, le résultat du scrutin ne sera pas annulé, mais certains conseillers pourraient être remplacés.

Trois recours, deux demandes d’annulation

Deux des requêtes, introduites par Juliette Chesnel-Le Roux, cheffe de file de la gauche écologiste, et Marc Concas, ancien adjoint de la municipalité Estrosi, demandent l’annulation pure et simple des élections. Un troisième recours, un déféré du préfet des Alpes-Maritimes, porte sur l’éventuelle inéligibilité de Pierre Ippolito, 4e adjoint au maire de Nice et 3e vice-président de la Métropole.

La rapporteur public a estimé qu’il n’y avait pas lieu d’invalider le résultat des municipales niçoises. Cependant, elle partage l’avis de Marc Concas et du préfet sur l’incompatibilité soulevée au titre d’une disposition du code électoral visant à lutter contre les risques de conflit d’intérêts. Cette disposition concerne les marchés publics dont bénéficient les sociétés de cet entrepreneur maralpin avec ses fonctions électives.

Qui remplacera Pierre Ippolito ?

Si le tribunal oblige Pierre Ippolito à rendre son mandat, deux nouveaux élus de la liste Ciotti pourraient faire leur entrée. Au conseil municipal, ce serait Jean-Marie Benguettat, premier dans l’ordre de la liste présentée par Éric Ciotti à ne pas avoir été élu en mars dernier. À la Métropole, dont la composition répond aux règles de parité, ce serait Alexandre Saradjian qui pourrait ainsi remplacer Pierre Ippolito.

Reste à savoir qui pourrait se voir confier les délégations de Pierre Ippolito, notamment les Entreprises, le commerce, le développement économique et l’enseignement supérieur à la Ville, ainsi que la Transformation et réforme métropolitaine, l’enseignement supérieur, le développement économique et l’aménagement de la plaine du Var à la Métropole.

La gauche espère un cinquième siège

De son côté, Juliette Chesnel-Le Roux brigue un siège de plus pour son groupe d’opposition. Elle ne l’a raté que de 18 voix au soir du second tour. Or, certaines opérations de vote seraient litigieuses. Selon son avocat David-André Darmon, « plus de 70 signatures d’émargement posent question » ainsi que les feuilles de dépouillement de deux bureaux entiers, laissant apparaître des ratures ou du blanc correcteur.

En audience, la rapporteur public, après examen des photographies fournies par la requérante, a ramené à « une dizaine » le nombre de paraphes pouvant poser problème. Trop peu, estime-t-elle, pour entraîner une rectification des résultats. Mais si le tribunal venait à émettre un autre avis, cela signifierait que Marie-Christine Pastorelli pourrait faire son entrée au conseil municipal au détriment du 52e et dernier membre du groupe présidé par Éric Ciotti, actuellement Florence Antonio. Si les recours contre Pierre Ippolito devaient aboutir, ce serait Jean-Marie Benguettat qui, à peine arrivé, serait sacrifié judiciairement.