Paris 2025 : Philippe et Retailleau unis contre Dati, malgré les risques politiques
Municipales à Paris : l'alliance Philippe-Retailleau contre Dati

L'alliance improbable contre Rachida Dati

En cet automne 2025, une convergence inattendue se dessine dans le paysage politique français. Édouard Philippe, président d'Horizons, et Bruno Retailleau, figure de Les Républicains, multiplient les rencontres pour harmoniser les stratégies de leurs formations respectives en vue des élections municipales. Cette coordination, bien que nécessaire, ne se fait pas sans réticences profondes, particulièrement lorsqu'il s'agit de la capitale.

Paris, terrain de divergences affirmées

Le cas parisien cristallise les tensions. Les positions y sont déjà bien arrêtées et semblent irréconciliables. Bruno Retailleau, le Vendéen, apporte son soutien à la ministre de la Culture de l'époque, respectant un accord scellé durant l'été. De son côté, Édouard Philippe, l'édile du Havre, soutient naturellement son lieutenant, Pierre-Yves Bournazel, secrétaire général délégué de son parti.

La question du soutien à Rachida Dati est tranchée avec une netteté qui ne laisse place à aucune ambiguïté. "Dati ? Il est hors de question qu'on la soutienne", lance Philippe d'un ton sec lors d'une réunion. Cette opposition ne relève pas uniquement de la tactique électorale ; elle puise ses racines dans des considérations humaines et une culture politique diamétralement opposée.

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Une inimitié partagée au sommet de l'État

Rachida Dati, par ses méthodes qualifiées de "trumpistes", est aux antipodes de la rectitude et de la retenue prônées par l'ancien conseiller d'État qu'est Édouard Philippe. Cette aversion est partagée par d'autres figures majeures. Gabriel Attal, l'ancien Premier ministre, a lui aussi pris ses distances avec son ancienne collègue. En privé, il la juge incapable de rallier une partie de l'électorat d'Anne Hidalgo de 2020, qu'il estime décisif pour la conquête de Paris, et ne se prive pas de railler ses pratiques politiques, dont il a été, comme d'autres, une victime.

Cependant, Attal comme Philippe partagent une même prudence : ils n'aiment pas "insulter l'avenir". Cette retenue ne les empêche pas de se retrouver, une fois de plus, embarqués derrière le même candidat. Ou plutôt, comme le précise l'article, derrière la même candidate, dans une alliance de circonstance qui masque mal les fractures.

Le dilemme stratégique d'Édouard Philippe

Les trois lettres "PYB", pour Pierre-Yves Bournazel, symbolisent à la fois un champion et un sérieux motif d'inquiétude pour l'avenir politique d'Édouard Philippe. Durant des semaines, Bournazel a campé sur la position du "ventre mou" de l'élection parisienne, sans véritable espoir de victoire finale. Surtout, il a répété inlassablement qu'en cas de qualification au second tour, il ne rejoindrait en aucun cas les rangs de Rachida Dati.

La pression monte dans le camp adverse

Dans l'entourage de la maire du 7ᵉ arrondissement, on ne reste pas inactif face à cette posture. Une campagne de pression subtile mais intense se met en place pour cibler le "meilleur ennemi". Le message est clair : si l'alternance échoue dans la capitale, Édouard Philippe pourrait, au soir du 22 mars, voir son statut de candidat naturel à la succession d'Emmanuel Macron se transformer en celui de traître aux yeux de l'électorat de droite.

"Il va y laisser des plumes, pour beaucoup de gens il restera comme celui qui l'aura fait perdre, le premier responsable", affirmait sans détour un colistier de Rachida Dati, résumant la menace qui plane sur l'ancien Premier ministre.

Un risque calculé ou une erreur stratégique ?

Si les partisans de l'ex-ministre de la Culture ont tout intérêt à "faire monter la mayonnaise", quitte à exagérer les conséquences, une question fondamentale mérite d'être posée : Édouard Philippe se tire-t-il une balle dans le pied ? L'analyse de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin est sans appel : "À Paris, sa logique municipale - c'est-à-dire obtenir des élus au sein de son parti qui est un parti de maires - et sa logique nationale se sont entrechoquées".

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Le scénario le plus défavorable aurait l'inconvénient supplémentaire d'offrir une prise facile à ses futurs concurrents de la droite et du centre pour la course à l'Élysée. Deux petites semaines avant le premier tour de l'élection parisienne, face à la stagnation des intentions de vote pour "PYB", le maire du Havre se trouvait dans une position pour le moins inconfortable. Un vieil ami du Havrais confiait à l'époque : "Quand je lui demande où il en est, il me répond qu'il est très préoccupé par la situation". Une préoccupation qui illustre le profond dilemme entre loyauté partisane, ambition nationale et réalités électorales locales.