Municipales 2026 : Les maires, un îlot de confiance dans un océan de défiance politique
À quelques jours des élections municipales, un baromètre du Cevipof publié par Le Monde ce lundi 9 février 2026 met en lumière une défiance croissante des Français envers leurs institutions politiques. Selon cette étude, 76 % des sondés estiment que la démocratie fonctionne « pas très bien » ou « pas bien du tout », un niveau supérieur à celui observé en Allemagne ou au Royaume-Uni. Cette perception négative s'inscrit dans un contexte où 78 % des personnes interrogées déclarent ne pas avoir confiance dans la politique, marquant une hausse de quatre points par rapport à l'année précédente.
Une crise institutionnelle profonde
La situation politique actuelle est perçue comme grave par 82 % des Français. Plus de la moitié, soit 52 %, considèrent que l'absence de majorité absolue à l'Assemblée nationale depuis la dissolution de 2024 a affaibli le rôle du Parlement. La confiance dans les plus hautes fonctions de l'État est également érodée : seulement 18 % des sondés expriment leur confiance envers le président de la République Emmanuel Macron, en baisse de cinq points. De plus, une écrasante majorité, 88 %, pense que les responsables politiques ne se préoccupent pas suffisamment de leur avis, avec seulement 12 % estimant le contraire.
Les maires, une exception notable
Dans ce paysage de méfiance généralisée, les maires émergent comme une exception. Le conseil municipal est la seule institution à obtenir un taux de confiance supérieur à 50 %, avec 58 % d'opinions favorables. Plus spécifiquement, à l'approche des municipales, 60 % des Français déclarent avoir confiance en leur maire. Ce chiffre contraste fortement avec la défiance exprimée envers les autres échelons politiques, soulignant l'ancrage local et la proximité perçue des élus municipaux.
Méthodologie du sondage
Le sondage Opinionway a été réalisé en ligne du 12 au 28 janvier 2026 auprès d'un échantillon de 3 166 personnes âgées de 18 ans et plus, inscrites sur les listes électorales. La méthode des quotas a été utilisée pour garantir la représentativité de l'échantillon français. La marge d'erreur est comprise entre 0,7 et 1,7 points, ce qui confère une robustesse statistique aux résultats présentés.
Ces données illustrent un paradoxe français à la veille des élections municipales : alors que la confiance dans les institutions nationales s'effrite, les maires restent perçus comme des acteurs fiables et proches des préoccupations citoyennes. Cette divergence pourrait influencer les scrutins à venir, en mettant en avant le rôle crucial des élus locaux dans un contexte de crise démocratique.



