Le gouvernement face à deux motions de censure sur sa stratégie énergétique
Motions de censure RN et LFI sur la feuille de route énergétique

Le gouvernement confronté à deux motions de censure sur sa politique énergétique

Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit faire face ce mercredi à deux motions de censure déposées par le Rassemblement National (RN) et La France Insoumise (LFI). Ces textes font suite à la publication par décret de la nouvelle feuille de route énergétique du gouvernement, la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3). Par respect du Parlement, l'examen de ces motions a été placé en préalable au remaniement gouvernemental, qui pourrait intervenir dès mercredi ou jeudi, et acter le départ de la ministre de la Culture Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris.

Aucune des deux motions ne devrait atteindre le seuil des 289 voix nécessaire pour renverser l'exécutif. La gauche a en effet pour habitude de ne jamais voter les motions de l'extrême droite, et le Parti Socialiste (PS) a annoncé qu'il ne soutiendrait pas celle de LFI.

Une stratégie énergétique dévoilée après des années de débats

Le gouvernement a officiellement présenté sa nouvelle stratégie énergétique le 12 février, après trois années de débats intenses et de multiples reports. La PPE3 met l'accent sur la relance de la consommation d'une électricité décarbonée, notamment d'origine nucléaire, pour remplacer les énergies fossiles coûteuses à importer. Elle acte également un déploiement plus modéré de l'éolien terrestre et du solaire.

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RN et LFI : des critiques diamétralement opposées

Dans sa motion, le RN critique vivement le choix du gouvernement de recourir à un décret, qualifiant cet acte d'illibéral contre le Parlement. Le parti estime que le gouvernement aurait dû passer par la loi, conformément au code de l'énergie. Il pointe également un choix irrationnel en faveur des énergies intermittentes, qu'il juge dicté par la Commission européenne. Sur le fond, le RN fustige une politique décroissante qui accélère les énergies intermittentes, ment sur le nucléaire et fait peser un risque majeur sur les finances publiques.

La motion de LFI regrette elle aussi un passage en force du gouvernement. Cependant, sur le fond, elle déplore à l'inverse une relance massive du nucléaire et un coup de frein sans précédent sur le développement des énergies renouvelables. Les Insoumis estiment que seules les énergies renouvelables peuvent se substituer aux énergies fossiles à court terme et nous permettre de répondre à l'urgence climatique.

Le Parti Socialiste se désolidarise de LFI

Le PS a annoncé mardi qu'il ne voterait pas la motion de LFI. Un de ses porte-parole, Romain Eskenazi, a expliqué qu'une censure aurait pour conséquence de mettre un nouvel arrêt aux investisseurs et promoteurs des énergies renouvelables en France, qui n'en peuvent plus de ce stop and go et ont besoin d'un cap.

Du côté des communistes, une majorité de leurs députés ne devrait pas non plus soutenir la motion insoumise, selon le président du groupe Stéphane Peu. Ce dernier a rappelé les divergences sur les questions énergétiques entre LFI et son groupe, qui est pro-nucléaire. À l'inverse, les Écologistes ont annoncé leur intention de voter pour la motion de LFI, précisant que le contenu du texte leur convient.

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