Amélie de Montchalin nommée à la tête de la Cour des comptes, une première historique
Montchalin nommée présidente de la Cour des comptes

Amélie de Montchalin nommée présidente de la Cour des comptes par Emmanuel Macron

La ministre de l’action et des comptes publics, Amélie de Montchalin, est choisie par le président Emmanuel Macron pour prendre la tête de la Cour des comptes. Cette décision, apprise par Le Monde et confirmée par Le Figaro, intervient après le départ anticipé de Pierre Moscovici, qui a quitté ses fonctions le 1er janvier 2026. La nomination doit être officialisée ce mercredi en conseil des ministres, faisant d’Amélie de Montchalin la première femme à présider cette institution plus que bicentenaire.

Un contexte budgétaire et politique crucial

Amélie de Montchalin récupérera les rênes de la Cour des comptes à un moment décisif, alors que la France peine à redresser ses finances publiques après plusieurs années de dérapage budgétaire. Le contexte politique, extrêmement instable, complique l’adoption du budget national. Son mandat sera irrévocable, seulement limité par une limite d’âge théorique fixée à 68 ans.

Selon Sébastien Lecornu, dans un entretien paru samedi dans la presse quotidienne régionale, Amélie de Montchalin devrait être remplacée au gouvernement lors d’un remaniement prévu d’ici au 22 février. Cette nomination marque ainsi une transition importante dans la gestion des comptes publics français.

Parcours politique et professionnel d’Amélie de Montchalin

Entrée en politique dans le sillage d’Emmanuel Macron, Amélie de Montchalin est devenue députée de l’Essonne en 2017, peu après l’arrivée de Macron à l’Élysée. Elle a ensuite intégré le gouvernement d’Édouard Philippe en 2019 en tant que secrétaire d’État chargée des affaires européennes. Malgré le départ du chef du gouvernement, elle a été nommée ministre de la transformation de la fonction publique en juillet 2020 dans le gouvernement de Jean Castex.

Après la réélection d’Emmanuel Macron en 2022, elle a été nommée ministre de la transition écologique sous Elisabeth Borne. Cependant, sa défaite aux élections législatives de juin 2022 face au socialiste Jérôme Guedj a provoqué son départ du gouvernement. Diplômée de HEC et de Harvard, avec une expérience dans le secteur bancaire chez BNP Paribas et dans l’assurance chez Axa, elle avait été choisie par Macron comme représentante permanente de la France auprès de l’OCDE.

Retour en grâce et rôle budgétaire récent

Amélie de Montchalin est revenue en grâce dans la Macronie grâce à l’instabilité politique suivant la dissolution de l’Assemblée nationale. Rappelée au gouvernement par François Bayrou en tant que ministre de l’action et des comptes publics, elle a conservé son portefeuille ministériel à l’arrivée de Sébastien Lecornu à Matignon. Elle a orchestré les réunions avec les groupes parlementaires sur les budgets de l’État et de la Sécurité sociale, et a représenté le gouvernement lors des rudes discussions budgétaires à l’Assemblée nationale.

Le gouvernement a finalement fait adopter par le Parlement le budget de la Sécurité sociale, mais le premier ministre a dû recourir à l’article 49.3 de la Constitution pour le projet de loi de finances. Amélie de Montchalin a jugé ce texte « imparfait » mais « utile pour les Français, car il permet de sortir du climat d’incertitude ». Elle a récemment rappelé l’importance de revenir sous les 3 % de déficit d’ici 2029 pour respecter les règles de l’Union européenne.

Héritage de Pierre Moscovici et défis à venir

Sous la présidence de Pierre Moscovici, la Cour des comptes n’a cessé de rappeler l’exécutif à l’impératif d’assainissement budgétaire, à travers près de 200 rapports annuels critiquant régulièrement la sphère publique. Amélie de Montchalin hérite ainsi d’une institution clé dans le contrôle des finances publiques, avec pour mission de poursuivre ce travail de vigilance dans un contexte économique tendu.