Un maire condamné pour violences conjugales candidat à sa réélection
Cela ne passe pas auprès de tout le monde. Candidat à un troisième mandat à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines, Laurent Brosse peut compter sur la confiance de ses soutiens pour les élections municipales, en dépit de sa condamnation pour violences conjugales. Un casier judiciaire qui indigne pourtant certains de ses opposants et administrés.
Une banderole qui dénonce
« Laurent Brosse est condamné pour harcèlement, violences et tentative d’agression sexuelle sur une femme, il ne doit plus être maire », peut-on lire sur une grande banderole déployée par une dizaine de personnes membres d’un collectif citoyen, rassemblées un soir de février aux abords de la salle des fêtes de la ville.
À l’intérieur, le meeting de Laurent Brosse, maire depuis 2014, est sur le point de débuter. L’élu est encarté à Horizons, mais le parti n’a pas prévu de l’investir pour les municipales de mars, selon une source interne. En première instance, l’édile de cette ville d’un peu moins de 40 000 habitants, située à la confluence de la Seine et de l’Oise, avait écopé de douze mois de sursis et de cinq ans d’inéligibilité pour avoir harcelé et agressé sexuellement son ex-conjointe en 2022.
Une peine allégée en appel
Une peine allégée en appel, en décembre, à dix mois de sursis et une requalification des faits en tentative d’agression sexuelle, ainsi que son inéligibilité levée. « On parle quand même d’un candidat qui parle de sécurité, mais la première des sécurités c’est qu’un homme violent ne puisse pas être au pouvoir », s’indigne Manon Coléou, 33 ans, tête de liste LFI et cocréatrice du collectif citoyen.
Pour les femmes de la liste spécifiquement, si elles ont choisi de le soutenir, c’est qu’elles ont complètement confiance, assure une colistière qui n’a pas souhaité donner son nom à l’AFP. La cour d’appel de Versailles a considéré que « les faits avaient été commis exclusivement dans la sphère privée » et a levé son inéligibilité car l’élu « adopte un comportement respectueux à l’égard des femmes dans le cadre professionnel ».
Un avertissement pour l'élu
« On est tous confrontés à des événements difficiles dans la vie, et donc ce que je dis (aux habitants), c’est de me juger pour ce que j’ai fait en tant qu’élu », déclare à l’AFP Laurent Brosse, qui voit cette condamnation sévère comme un avertissement. Si le collectif citoyen a interrompu un conseil municipal en signe de protestation, les conseillers municipaux d’opposition ne font pas front commun sur cette question.
« Ceux-là mêmes qui s’insurgeaient en parlant de moralisation de la vie publique et d’exemplarité n’ont pas voté », s’amuse Raphaël Prats, candidat d’une liste citoyenne, qui lui a approuvé le vœu. Le groupe d’Aurore Ambert, candidate soutenue par Renaissance, n’a pas participé au vote car « la justice a déjà tranché ».
Un problème démocratique plus large
Pour la présidente de l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique, Mathilde Viot, le cas de Conflans illustre une situation qui se retrouve dans d’autres villes, où « les militantes font un travail de lanceuses d’alerte qui devrait en réalité être un travail mené par les partis politiques ». Cette juriste appelle à la mise en œuvre de mécanismes légaux pour lutter contre cette réalité, qui conduit selon elle à ce que « plein de femmes refusent de s’engager, parce qu’elles savent très bien que ça va être une tannée ». « Un réel problème démocratique », résume-t-elle.
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