Macron défend la diplomatie face à la crise des carburants
Macron défend la diplomatie face à la crise des carburants

Face à la menace russe et à la flambée des prix des carburants, Emmanuel Macron a défendu jeudi soir, lors du 20 heures de TF1 et France 2, une stratégie fondée sur la diplomatie et le refus de baisser les taxes. Le président de la République a également écarté toute dissolution de l'Assemblée nationale, à huit mois de l'élection présidentielle.

Menace russe : Macron reconnaît un risque réel d'attentat

Interrogé sur la possibilité qu'un épisode comme celui du drone chargé d'explosifs puisse survenir en France, Emmanuel Macron a répondu : "la réponse est oui". Il a souligné que les actes de provocation russes se sont "multipliés" ces derniers mois, citant notamment l'attaque de Leipzig, qui a échoué, mais qui aurait pu faire "des morts sur le sol allemand" si elle avait réussi.

Le chef de l'État a réaffirmé son soutien indéfectible à l'Ukraine et rappelé sa proposition de signer un moratoire pour épargner les infrastructures énergétiques, tant côté russe qu'ukrainien. Une proposition à laquelle la Russie a opposé une fin de non-recevoir à la tribune de l'ONU.

Carburants : la diplomatie plutôt que la baisse des taxes

Pour faire baisser les prix à la pompe, Emmanuel Macron veut "d'abord agir diplomatiquement", en particulier pour "faire baisser la tension au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz". Il prévoit d'envoyer des moyens militaires pour protéger les installations pétrolières de Yanbu en Arabie Saoudite. Sa stratégie consiste à "faire baisser les prix des carburants plutôt que de baisser les taxes", comme le réclament certains membres de l'opposition.

Le président a assuré que les stocks stratégiques de la France étaient désormais comblés à hauteur de 80 % en gaz et en pétrole, et que le pays avait "tout ce dont il avait besoin jusqu'à la fin de l'année". Il a également évoqué le plan d'aide de 450 millions d'euros annoncé mardi pour les filières économiques les plus touchées, alors que 70 % des Français jugent ces annonces insuffisantes.

Budget : des efforts proportionnés, pas de dissolution

À quelques jours des discussions sur le budget, Emmanuel Macron a défendu les 54 milliards d'euros d'efforts supplémentaires demandés aux Français, estimant que c'était "un budget de responsabilité" qui demande "des efforts proportionnés à tout le monde". Il a exclu toute dissolution de l'Assemblée nationale, qui "ajouterait de l'instabilité à l'instabilité" à huit mois de l'élection présidentielle.

Interrogé sur un éventuel candidat favori pour cette élection, le président a déclaré : "Mon devoir c'est d'agir, d'éclairer les Français et les forces politiques en leur faisant partager les connaissances que j'ai du réel. Je ne veux pas dire ce que je ferai dans la dernière ligne droite, nous n'y sommes pas. Je ferai en responsabilité ce que je dois faire."