Macron : carburants, Russie, dissolution, présidentielle 2027
Macron : carburants, Russie, dissolution, 2027

Le président de la République, Emmanuel Macron, a accordé une interview aux chaînes France 2 et TF1 ce jeudi 24 septembre. Il a abordé plusieurs sujets d’actualité, dont la guerre en Ukraine, les prix des carburants, la dissolution de l’Assemblée nationale et l’élection présidentielle de 2027.

Des « moyens militaires » pour protéger un site énergétique en Arabie saoudite

Emmanuel Macron a annoncé l’envoi de « moyens militaires » en Arabie saoudite afin de « protéger » un site énergétique clé. « C’est la discussion que nous avons finalisée avec les Saoudiens. Nous allons envoyer des moyens militaires, c’est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense pour protéger ce site, pas nous engager dans quelque conflit mais protéger ce site », a-t-il déclaré. Interrogé sur un éventuel envoi de Rafale, il a répondu : « On verra l’évolution et selon les besoins. On en a dans la région. »

Le chef de l’État a précisé que ce site produisait « chaque jour plus de 5 millions de barils » et a souligné l’impact immédiat d’une éventuelle déstabilisation : « Dès qu’on détend un de ces endroits, l’impact, il est immédiat sur le prix à la pompe. En deux jours, vous le voyez à la pompe. »

Menace russe : un scénario de mobilisation de 300 000 hommes jugé crédible

Emmanuel Macron a estimé qu’une nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes pour la guerre en Ukraine « est un scénario qui nous paraît crédible ». Il a ajouté : « En effet, le scénario crédible aujourd’hui, qui est souvent partagé, est autour de 300 000 hommes. » Selon lui, « le signal qu’est en train d’envoyer aujourd’hui la Russie est : on est prêt à faire encore plus de sacrifices pour prendre tout le Donbass ».

Le président a également rappelé le contexte : « La Russie a dit en février 2022 + on lance une opération spéciale. En trois semaines, on aura pris l’Ukraine +. On est aujourd’hui plus de quatre ans et demi plus tard, ce n’est pas le cas. Les Ukrainiens ont réussi à faire une contre-offensive remarquable et depuis l’automne 2022 donc, ça fait maintenant quatre ans, le front est quasiment stabilisé. »

Dissolution de l’Assemblée nationale : Emmanuel Macron écarte l’hypothèse

Interrogé sur une éventuelle nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron a répondu : « Cela ne serait pas bon pour le pays. » Il a appelé « les forces politiques » à faire preuve d’« esprit de responsabilité » avant l’examen des textes budgétaires. Il a justifié sa position : « Je pense que ce serait mauvais aujourd’hui de faire une dissolution parce qu’aujourd’hui, nous sommes à huit mois d’une présidentielle. Et donc, si on faisait une dissolution aujourd’hui, on ajouterait à la guerre, aux problèmes de pouvoir d’achat et à un budget à passer, l’instabilité politique. On bloquerait le prochain président, la prochaine présidente, de la possibilité de faire cette dissolution et de se reconstruire une majorité. Donc ce n’est pas souhaitable. »

Carburants : une baisse des taxes pas exclue, mais non « vertueuse »

Emmanuel Macron a affirmé qu’il n’excluait pas de baisser les taxes sur les carburants si l’envolée des tarifs se poursuivait, tout en préférant une action diplomatique. « Je pense qu’en fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure », a-t-il déclaré, tout en jugeant qu’une baisse des taxes n’était « pas la décision la plus vertueuse » car celles-ci « servent à financer les dépenses de l’État ». Il a ajouté : « Notre intérêt, c’est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes. »

Il a également critiqué l’idée d’une interdiction des exportations de gazole américain, soutenue par Donald Trump, la qualifiant de « mauvaise » décision, « pas simplement pour le reste du monde, pour l’économie américaine aussi ».

Le « quoi qu’il en coûte » : pas de regrets, mais des limites

Le président a assuré « ne pas regretter du tout » le « quoi qu’il en coûte », les aides publiques mises en place pendant la pandémie de Covid-19, qui ont alourdi la dette française. Il a expliqué que les dépenses des « dix dernières années » se décomposaient en « un tiers pour protéger les Français des crises », « un tiers pour préparer la France à l’avenir », et « un tiers parce qu’on n’a pas assez réformé le modèle social ». « Je ne regrette rien des deux premiers tiers. Je regrette de ne pas avoir été assez efficace et rapide sur le dernier », a-t-il conclu.

Cette interview intervient alors que la France se prépare pour l’élection présidentielle de 2027, à huit mois du scrutin, et que les tensions internationales et les pressions budgétaires restent au cœur des préoccupations.