Une agression violente à Lyon relance les tensions politiques
L'eurodéputée de La France insoumise, Rima Hassan, a exprimé vendredi 12 février sa condamnation ferme et sans équivoque des « faits extrêmement graves et inacceptables » survenus à Lyon. Ces déclarations font suite à l'hospitalisation, dans un état critique avec pronostic vital engagé, d'un jeune homme de 23 ans, Quentin, jeudi. Selon le collectif identitaire Nemesis, la victime aurait été agressée par des militants antifascistes alors qu'elle assurait la protection de militantes du collectif rassemblées devant l'Institut d'Études Politiques de Lyon.
Le démenti catégorique de Rima Hassan
Sur le réseau social X, Rima Hassan a immédiatement pris ses distances avec ces violences. « Le seul et l'unique service d'ordre avec lequel je collabore et qui m'accompagne est celui de La France insoumise qui n'a jamais recours à la violence et qui n'est en aucun cas impliqué dans ces affrontements », a-t-elle écrit. Elle précise que la conférence, organisée par des étudiants de Sciences Po Lyon, était la cible d'une perturbation par des militants identitaires venus protester contre sa présence.
L'élue a ajouté : « J'ai appris avec effroi les faits concernant le jeune homme Quentin, actuellement entre la vie et la mort à la suite d'un affrontement survenu hier à Lyon entre des militants antifascistes et des militants identitaires, présents aux côtés du collectif d'extrême droite Nemesis. » Elle a exigé que « les personnes responsables de ces violences doivent rendre des comptes dans les plus brefs délais pour que justice soit faite ».
L'état désespéré de la victime et les accusations de Nemesis
L'avocat de la famille de la victime a indiqué vendredi soir que Quentin se trouvait dans « un état désespéré », soulignant la gravité de son pronostic. Dans un communiqué, le collectif Nemesis a porté des accusations précises, affirmant avoir reconnu parmi les agresseurs un collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, décrit comme « membre actif de la Jeune Garde ».
La Jeune Garde, un groupe antifasciste cofondé par Raphaël Arnault, a été dissoute en 2025 par le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, qui lui reprochait « des agissements violents ». Raphaël Arnault, dont l'élection en 2024 avait été controversée en raison d'une fiche S, n'avait pas réagi dans l'immédiat à ces nouvelles accusations.
Les liens étroits entre LFI et la Jeune Garde
La proximité entre La France insoumise et la Jeune Garde est un sujet récurrent dans le débat politique. Le groupe LFI a vivement critiqué la dissolution de la Jeune Garde et, mercredi encore, le groupe LFI à l'Assemblée nationale avait appelé le gouvernement à « abandonner sa procédure de dissolution de la Jeune Garde ».
Dans un communiqué, LFI justifiait son soutien : « Les arguments avancés par le gouvernement pour justifier cette décision renvoient dangereusement dos à dos les antifascistes et les néonazis. La Jeune Garde est essentielle justement parce qu'elle a pour mission depuis sa création de lutter contre l'extrême droite, contre des groupes fascistes et néonazis de plus en plus violents partout en France. »
Cet incident à Lyon met en lumière les tensions persistantes entre mouvements antifascistes et identitaires, tout en interrogeant sur les responsabilités et les implications politiques dans un contexte de violence urbaine croissante.



