Mort de Quentin Deranque : LFI nie toute responsabilité, tensions diplomatiques avec les États-Unis
LFI nie toute responsabilité dans la mort de Deranque

Mort de Quentin Deranque : LFI nie toute responsabilité, tensions diplomatiques avec les États-Unis

Dans un contexte de vives tensions politiques, Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a catégoriquement nié toute responsabilité de son mouvement dans la mort de Quentin Deranque, militant d'extrême droite tué la semaine dernière à Lyon. Cette déclaration intervient alors que des hommages controversés ont rassemblé des milliers de personnes dans plusieurs villes françaises, dont Lyon où des symboles d'ultradroite et des slogans politiques ont marqué la manifestation.

LFI rejette toute implication

Lors du « Grand Jury RTL-Le Figaro-Public Sénat-M6 », Manuel Bompard a affirmé avec force : « Nous n'avons absolument aucune responsabilité dans ce drame – ni une responsabilité judiciaire, ni une responsabilité morale, ni une responsabilité politique ». Le député des Bouches-du-Rhône a poursuivi en questionnant : « Depuis quand, si un collaborateur est jugé responsable de faits délictueux ou de faits graves, la formation ou le groupe politique dans lequel il siège doivent en être jugés responsables ? ».

Concernant la Jeune Garde, groupe antifasciste dissous dont deux assistants parlementaires LFI ont été mis en examen, Bompard a estimé que cette organisation ne pouvait être tenue pour responsable, soulignant que sa dissolution était effective depuis plusieurs mois. Il a toutefois reconnu que certains membres pourraient avoir des responsabilités individuelles, ce que l'enquête devra déterminer.

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Réactions politiques divergentes

Les déclarations de Manuel Bompard contrastent avec les critiques émanant d'autres formations politiques. Jérôme Guedj, député socialiste et candidat à la présidentielle de 2027, a dénoncé la « responsabilité morale » de LFI, accusant le mouvement de « connivence », de « fascination » et de « solidarité » avec des « mouvements violents ». Il a appelé à ce qu'il n'y ait plus « aucune alliance » avec les insoumis, y compris aux élections municipales de mars.

De son côté, Yannick Jadot, sénateur écologiste, a exigé que Jean-Luc Mélenchon fasse « les clarifications nécessaires pour rester dans l'arc républicain », menaçant de rompre toute alliance future en l'absence de ces clarifications. Il a également critiqué l'exécutif et Les Républicaires pour leur traitement de l'affaire, estimant qu'ils « donnent des brevets de vertu au Rassemblement national ».

Tensions diplomatiques avec les États-Unis

Sur le plan international, le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé la convocation de l'ambassadeur américain à Paris, Charles Kushner. Cette décision fait suite à la reprise par l'ambassade américaine d'un message de l'administration Trump commentant la mort de Quentin Deranque. Le message, publié sur X le 19 février par le bureau de l'antiterrorisme du département d'État, affirmait que « l'extrémisme violent de gauche est en hausse et son rôle dans la mort de Quentin Deranque démontre la menace qu'il représente pour la sécurité publique ».

Jean-Noël Barrot a réagi avec fermeté : « Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame, qui endeuille une famille française, à des fins politiques. Nous n'avons aucune leçon, s'agissant de la violence en particulier, à recevoir de l'internationale réactionnaire ».

Hommages controversés à Lyon et Rennes

Samedi après-midi, environ 3 200 personnes selon la préfecture du Rhône (3 500 selon les organisateurs) ont participé à Lyon à un hommage à Quentin Deranque. La manifestation a été marquée par :

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  • La présence de symboles d'ultradroite et de larges portraits du militant défunt
  • Des discours politiques contre « le gauchisme » et « la violence antifasciste »
  • Des banderoles proclamant « l'extrême gauche tue »
  • Des slogans scandés comme « Antifas assassins » et « LFI complice »
  • La présence de figures connues de l'extrême droite radicale comme Yvan Benedetti et Marc de Cacqueray-Valmenier

La préfecture du Rhône a signalé au procureur de la République des saluts nazis, des insultes racistes et homophobes détectés lors de la marche. Le maire de Lyon, Grégory Doucet (Les Écologistes), avait plaidé en vain pour l'interdiction de la manifestation, déclarant : « Je ne veux pas que Lyon soit la capitale de l'ultradroite. C'est d'abord la ville de Jean Moulin, la capitale de la Résistance ».

À Rennes, environ 200 personnes ont rendu hommage à Quentin Deranque en fin de matinée, face à près de 300 contre-manifestants qui ont déployé une banderole disant « On ne pleure pas les nazis ». Les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour bloquer certains contre-manifestants tentant de sortir du périmètre autorisé.

Dispositif sécuritaire renforcé et réactions institutionnelles

Le ministère de l'intérieur et la préfecture du Rhône avaient déployé un important dispositif sécuritaire pour l'hommage lyonnais, comprenant :

  1. Des renforts de CRS et de gendarmes mobiles
  2. Deux drones de surveillance
  3. Une vigilance maintenue « dans la soirée » selon la préfète Fabienne Buccio

La préfète avait averti : « On ne tolérera pas le moindre incident au sein du cortège ni en marge de cette marche ». Une personne a été interpellée en possession d'un couteau et d'un marteau en queue de cortège.

Le président Emmanuel Macron avait appelé « tout le monde au calme » dans la matinée et annoncé une réunion gouvernementale la semaine suivante pour discuter des « groupes d'action violente ». La région Auvergne-Rhône-Alpes, dirigée de fait par Laurent Wauquiez (Les Républicains), a pour sa part déployé un large portrait de Quentin Deranque sur la façade de son siège.

Cette affaire continue de cristalliser les tensions politiques françaises tout en ayant des répercussions diplomatiques internationales, dans un contexte où la violence politique et les clivages idéologiques s'exacerbent à l'approche des échéances électorales.