La France insoumise au cœur des débats politiques après la mort de Quentin Deranque
LFI au centre des débats après la mort de Quentin Deranque

La France insoumise sous le feu des critiques après la mort de Quentin Deranque

La classe politique française s'est emparée du cas de La France insoumise ce dimanche, suite au décès de Quentin Deranque. Les émissions politiques ont largement débattu des alliances à venir et de la position du parti de Jean-Luc Mélenchon, jugé infréquentable par certains depuis cette affaire où seraient impliquées plusieurs personnes liées au député Raphaël Arnault.

La stratégie d'alliances de LFI pour les municipales

Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI, a annoncé sur BFMTV que son parti proposerait des accords de « rassemblement » aux autres formations de gauche lorsqu'il arriverait en tête au premier tour des élections municipales. « Lorsque les Insoumis arriveront en tête au premier tour, ils proposeront le rassemblement et ils créeront les conditions pour le rassemblement, notamment avec les autres listes de gauche », a-t-elle déclaré.

Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, a confirmé cette approche sur RTL, précisant que l'objectif était de « battre la droite et l'extrême droite ». Il a ajouté que si un autre parti que LFI arrivait en tête dans une commune, ce serait à lui « de proposer ou de ne pas proposer le rassemblement ». Mathilde Panot a également affirmé être « fière » de compter Raphaël Arnault dans son groupe et qu'il pourrait être réinvesti aux prochaines législatives « s'il le souhaite ».

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Les réactions politiques face à LFI

Aurore Bergé, ministre déléguée à l'Égalité femmes-hommes, a appelé la gauche à rompre définitivement avec La France insoumise, qu'elle considère comme un « danger pour notre pays, pour notre cohésion, pour nos valeurs, pour la démocratie ». Sur Europe 1/CNews/Les Échos, elle s'est interrogée : « Est-ce que la gauche est prête, de manière définitive, à rompre avec la France insoumise, au risque peut-être de perdre un certain nombre de villes ? »

Elle a également interpellé Jordan Bardella, président du Rassemblement national, qui a évoqué un cordon sanitaire avec LFI : « Qu'il le montre aussi au moment des élections municipales. Pourquoi maintiendrait-il des candidats dans des villes où ils savent que le RN n'a aucune chance de gagner, et où LFI peut gagner ? »

Gabriel Attal répond à Jordan Bardella

L'ancien Premier ministre Gabriel Attal a réagi aux accusations de Jordan Bardella l'accusant d'avoir appelé à voter LFI lors des dernières législatives. Lors d'un déplacement au Salon de l'agriculture, il a affirmé avoir « combattu » les Insoumis « y compris pendant les législatives et la dissolution ».

Il a expliqué que s'il avait appelé à barrer la route au RN, c'est parce qu'il estimait que ce parti était aux portes du pouvoir, contrairement à LFI qui n'était pas « en situation d'avoir une majorité absolue à l'Assemblée et de gouverner le pays ». « Donc ça ne fait pas plaisir évidemment à beaucoup de Français de devoir faire barrage au Front national en utilisant un autre bulletin qu'ils n'auraient pas voulu. Moi, je le dis ici, je considère que c'est notre responsabilité que de le faire », a-t-il conclu.

Gabriel Attal a également assuré avoir été « lanceur d'alerte » concernant Raphaël Arnault, avec lequel il avait eu un échange musclé durant la campagne en 2024, tandis que Jordan Bardella « mangeait des bonbons sur TikTok ».

Jérôme Guedj dénonce la « responsabilité morale » de LFI

Le député socialiste de l'Essonne, Jérôme Guedj, candidat à l'élection présidentielle de 2027, a estimé sur LCI qu'il y avait « une responsabilité morale en politique quand on s'acoquine avec un mouvement dont on sait qu'il recourt à la violence ». Il a appelé à ne plus jamais s'allier à LFI après la mort de Quentin Deranque.

Jérôme Guedj a accusé LFI de « connivence », de « fascination » et de « solidarité » avec des « mouvements violents ». Il a jugé que « l'éthique républicaine » devrait conduire Raphaël Arnault et son groupe à considérer que le député ne peut pas rester à son poste. « Mieux vaut prendre le risque de perdre une élection que de perdre son âme », a-t-il déclaré, accusant Jean-Luc Mélenchon d'être le « meilleur allié » de Jordan Bardella.

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Le député a aussi dénoncé la « gigantesque blanchisserie » organisée pour faire oublier que la violence politique est « avant tout le fait de groupuscules d'extrême droite ».

Les alliances à Paris : Grégoire exclut Bournazel et Chikirou

Emmanuel Grégoire, tête de liste de la gauche hors LFI à Paris, s'est dit « certain » de ne pas faire alliance avec Pierre-Yves Bournazel, soutenu par Horizons et Renaissance, entre les deux tours du scrutin. « Il ne le souhaite pas, je ne le souhaite pas », a expliqué l'ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo sur Radio J.

Il a salué la participation de son concurrent aux débats de campagne, contrairement à Rachida Dati, sa « seule adversaire », dont il estime qu'elle « n'est jamais là » et qu'elle « fuit le débat, elle a peur du débat ». Emmanuel Grégoire a également exclu tout rapprochement avec la liste mélenchoniste de Sophia Chikirou, qualifiant LFI d'« extrême gauche ».

Dans une étude OpinionWay parue lundi, le socialiste recueille 30 % d'intentions de vote au premier tour, devant Rachida Dati (24 %), Pierre-Yves Bournazel (14 %), Sophia Chikirou (12 %) et Sarah Knafo (11 %).

Interrogé sur FranceInfo, Pierre-Yves Bournazel a refusé de « choisir » entre la liste de gauche et celle de LR, assurant qu'il y avait « une majorité de Parisiens qui ne veut ni de Dati, ni de Grégoire ». Il a ironisé sur le départ du gouvernement de la ministre de la Culture : « Ça fait un mois et demi qu'elle dit qu'elle va partir. Dans trois semaines, on va voter : elle va partir pour dix jours ! Soyons sérieux, quand même… »