LFI accusée d'attiser la violence lycéenne, le parti nie
LFI accusée d'attiser la violence lycéenne, le parti nie

Le gouvernement accuse La France insoumise (LFI) d'attiser les violences en marge du mouvement lycéen, qui a donné lieu à plus de 5 000 interpellations depuis lundi. Le parti de Jean-Luc Mélenchon rejette toute responsabilité, et une note des renseignements, consultée par Franceinfo, ne permet pas d'établir un rôle d'instigateur.

Des accusations fondées sur une note des renseignements

Matignon s'appuie sur une note de la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) datée du 28 septembre pour lancer ces accusations. Le document, qui se concentre sur les "actions lycéennes en Seine-Saint-Denis", indique que les blocus "résident de toute évidence dans une instrumentalisation de structures syndicales étudiantes et de mouvements politiques proches de l'extrême gauche", dans le but "d'imposer leurs idées à l'approche d'échéances électorales nationales".

Cependant, si les débordements sont décrits en détail dans les huit pages de la note, seulement quatre références concrètes à des actions d'élus LFI sont citées. Les services du Premier ministre, à l'issue de la cellule interministérielle de jeudi, ont pointé du doigt "la responsabilité de LFI et ses proxys de l'ultragauche", accusés d'instrumentaliser les jeunes.

Quatre références à des élus LFI dans la note

La note mentionne d'abord Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, qui a affiché le 24 septembre "sa volonté de retirer les lanceurs de balles de défense de l'équipement de sa police". Le soir même, il regrettait publiquement qu'un policier municipal ait pu porter un LBD "alors même que la situation ne l'exigeait pas", selon l'édile.

Deuxième référence : le député de Saint-Denis Éric Coquerel s'est rendu le 24 septembre au lycée Marcel-Cachin de Saint-Ouen, où "80 jeunes se sont rassemblés et ont pris à partie un véhicule de police en le visant de divers projectiles, barrières et panneaux de chantier, occasionnant le bris du pare-brise".

Les agents de la DRPP font également référence à des appels au blocage sur les réseaux sociaux, qui rappellent "fortement le 'blocus challenge' lancé en mars 2023 par le député LFI du Val-de-Marne Louis Boyard pendant le conflit social lié à la réforme des retraites pour créer une émulation entre les lycéens dans la mise en place de blocus d'établissements".

LFI nie toute responsabilité et appelle au calme

Interrogés, les cadres du parti nient être à l'origine du mouvement. "J'appelle le gouvernement à ne pas sombrer dans le complotisme et dans l'infantilisation des lycéens. Ce mouvement spontané est né d'une exaspération face à des conditions d'éducation absolument indignes", a déclaré le coordinateur du parti, Manuel Bompart, à l'AFP.

Jean-Luc Mélenchon, qui soutient la révolte lycéenne, a répété dans une vidéo publiée sur sa page Facebook : "Pas de panique ou d'énervement. Du sang-froid. Cela ne sert à rien de mettre le feu !"

Concernant la vidéo montrant le maire de Saint-Denis autour d'une poubelle en feu, reprise dans de nombreux médias, les images montrent que Bally Bagayoko retire la poubelle des grilles de l'établissement pour éviter que le feu ne fasse plus de dégâts matériels. La question de la responsabilité de LFI dans les débordements reste donc ouverte, chaque partie campant sur ses positions.